vendredi 3 juillet 2015

Dossier Musée, visite du 27 juin

DR.

Photo JB. DR.

Alain Tourneux nous a présenté l'intérieur du musée lors de la visite d'inauguration. Le musée n'était pas ouvert, mais pour la circonstance quelques photographies et vitrines étaient installées dans les salles du Musée.

Photo JB. DR.
L'auteur des quatre photographies est Eric Guglielmi, elles ont figurées dans l'exposition Je suis un piéton rien de plus présentée au musée Rimbaud pendant l'été 2011 et regroupant une quarantaine de photos du même auteur. Au centre on remarque "le Bar des Anges" qui n'est autre que le Cabaret vert démoli peu de temps après avoir été photographié à Charleroi.

Photo JB. DR.

Le conservateur discute avec Laure Matarasso. Au fond deux photos de Jacqueline Salmon, qui a réalisé en 2006  au musée Rimbaud l'exposition "Rimbaud parti", avec des clichés pris à Roche, le très beau catalogue comporte des textes de Jean-Christophe Bailly

Photo JB. DR.
                   Bibliothèque reconstituée de livres ayant appartenu à Rimbaud.

Photo JB. DR.
Vitrine avec des fac-similés de poèmes et les deux photographie Carjat de la collection Gide. La sécurité ne permettait pas d'exposer les originaux.



Une très belle vidéo, déjà signalée, montre notamment à la fin de son reportage la photographie Carjat la plus connue présentée ci-dessus. Il faut en raconter l'histoire. Lorsque j'ai trouvé cette photographie, avec la dédicace au dos d'Isabelle Rimbaud, j'étais persuadé d'avoir trouvé une photographie historique. Pendant plusieurs mois Alain Tourneux m'a objecté avec raison que la photographie du musée Rimbaud, présentée aussi dans le reportage, avait un support plus ancien.
Il s'est exprimé alors sur ce blog. Mais depuis la découverte d'une photographie de l'original, de mon point de vue, je trouve que la photographie Gide est plus conforme à l'original. (voir notre article présentant toutes les photos). Néanmoins, je ne suis pas certain d'avoir convaincu le conservateur qui tient beaucoup à sa belle photographie, on le comprend.

Pour conclure cette magnifique journée je précise que, venant spécialement de Marseille, je me suis vraiment senti chez moi à Charleville. De plus, il faisait beau ce jour là !

Photo A.C.DR
                      Jacques Bienvenu en face du nouveau Musée Rimbaud.

jeudi 2 juillet 2015

Plan du nouveau musée Rimbaud



Texte de présentation repris à partir d'un communiqué d'Alain Tourneux :


le visiteur est invité à commencer par le Grenier où il aura été conduit par l'ascenseur, ensuite il rejoindra le second niveau pour découvrir l'espace Rêveries, puis l'espace Révolutions, ces salles montrant chacune des murs recouverts d'extraits de l'oeuvre, vitrines noires et cimaises rouges permettant de présenter photographies de Charleville et des Ardennes au XIX ème siècle et oeuvres d'artistes du XX ème. 

Au premier niveau, au sein de l'espace Révolutions, ouvrira la salle des manuscrits conçue pour accueillir des documents dans les meilleures conditions. Le visiteur rejoindra ensuite le rez de chaussée pour traverser le Wasserfall, soit un passage à l'air libre sous la première arche du moulin et à 7 m au dessus du niveau de l'eau ... cet espace permet de rejoindre la salle des Voyages où de hautes vitrines recevront tous les témoignages concernant la découverte des villes et contrées traversées par notre poète.

La porte de bronze aménagée à l'arrière du bâtiment permet de se rendre dans un lieu dévolu à des expositions et à des rencontres poétiques, ainsi l'Auberge verte située au bord de la Meuse accueille cet été l'exposition "Ceux de la poésie vécue"  regroupant des oeuvres d'Ernest Pignon-Ernest accompagnées de textes d'André Velter.

Enfin le visiteur peut continuer sa promenade sur l'Ile et découvrir d'autres espaces tel que le Promontoire ouvrant sur le fleuve, sur l'autre rive la maison d'Arthur Rimbaud, ou maison des Ailleurs, invitant à poursuivre le voyage.

C'est à la mi-septembre prochain que cet ensemble prendra enfin toute sa cohérence, dans l'immédiat les portes du monument historique, soit le moulin du XVII ème siècle, se sont déjà refermées pour laisser les aménagements se poursuivre.


mercredi 1 juillet 2015

L’histoire du musée Rimbaud, par Bruno Testa



Comment Arthur le voyou est devenu l’idole de Charleville

Alors que le musée Arthur Rimbaud  de Charleville-Mézières vient de faire peau neuve après un an et demi de travaux, et d’être inauguré le 27 juin,  Bruno Testa nous retrace les grandes étapes de l’histoire du musée dans son livre : « D’Arthur le voyou à l’idole Rimbaud » (PMR éditions).

Que nous apprend l’histoire du musée Rimbaud ? Tout d’abord que l’enfant du pays a eu du mal à s’imposer dans sa ville natale. On connaît le dicton : nul n’est prophète dans son pays. Il faudrait ajouter à cela  la relation tumultueuse qu’a entretenu le jeune Arthur avec sa ville. Les quolibets envers Charleville, baptisée Charlestown, sont nombreux dans sa correspondance. Ne qualifie-t-il pas sa ville de « supérieurement idiote entre les petites villes de province » ? On lui doit également des notations assassines dans sa poésie. Qu’on se souvienne de « la place aux mesquines pelouses » dans son poème À la musique.

Arthur le voyou

Les Carolopolitains lui ont bien rendu sa vindicte. Ainsi le rédacteur de la Croix des Ardennes écrit en 1901 une phrase qui prend toute sa saveur aujourd’hui : 
« Les clous merveilleux qui se fabriquent ici, les solides boulons, les chaînes robustes, les appareils de chauffages commodes et hygiéniques qui sortent de nos usines feront beaucoup plus pour le renom de Charleville que tous les vers de Rimbaud. »
Pourtant, malgré cela, force est de reconnaître que Rimbaud a très vite été honoré dans sa ville natale, grâce au forcing de poètes parisiens, mais aussi d’amis ardennais. Il suffit de se reporter à l’incroyable histoire  du buste Rimbaud, car il y a eu pas moins de trois inaugurations de buste Rimbaud. La première débute peu de temps après la mort d’Arthur, quand amis et admirateurs du poète se mettent en tête de « glorifier par le bronze cet ardennais qui fut l’un des plus grands poètes de France » pour reprendre l’expression de Louis Pierquin dans son appel aux anciens élèves du Collège de Charleville à contribuer au financement du monument (Courrier des Ardennes du 13-14 janvier 1901). 
Un comité du monument tout ce qu’il y a de plus officiel est mis en place qui compte outre des célébrités parisiennes (Félix Fénéon, Paul Fort, Francis Jammes, Pierre Louÿs, Gustave Kahn, Alfred Valette, etc.), le patron de Rimbaud à Aden (Alfred Bardey) et enfin d’authentiques Ardennais : Louis Pierquin déjà nommé, Jean Bourguignon, et l’incontournable et fidèle  Ernest Delahaye qui occupe le poste stratégique de trésorier. 

Le premier buste Rimbaud est inauguré le 21 juillet 1901, square de la Gare. Mais il faut attendre beaucoup plus longtemps pour qu’un musée se mette en place. A cela plusieurs raisons. D’abord, Rimbaud poète ne fait pas l’unanimité. Ce n’est pas le genre de poésie (je parle pour l’essentiel de ses poèmes) qu’on va réciter au tableau noir. A cela il faudrait ajouter que la vie de Rimbaud a été courte, et qu’elle s’est passée en grande partie loin de Charleville. Enfin, on ne possède ni maison, ni objets qui pourraient faire l’objet d’un culte. Si bien qu’il faut attendre véritablement 1954, l’année du centenaire de la naissance du poète, pour que Rimbaud sorte de son purgatoire. 
Cette année-là, en octobre, a lieu une grande exposition à la Bibliothèque nationale, grâce à la conservatrice Suzanne Briet, une Ardennaise originaire des environs d’Attigny. Exposition mémorable ! Les musées de France, du Louvre, de Versailles, de l’Homme, les Archives de France, le Musée de Charleville, des bibliothèques de province et de l’étranger, des ambassades dont l’ambassade d’Egypte à Paris, des particuliers ont conjugué leurs efforts pour rassembler plus de 1200 documents !

Les trois étapes du musée

Le musée Rimbaud naît-il pour autant à ce moment là ? Oui et non. Le 17 octobre 1954, profitant de l’inauguration du troisième buste Rimbaud square de la gare, les pouvoirs publics officialisent ce qu’on pourrait appeler le premier musée Rimbaud. Mais en fait de musée, il s’agit d’une simple salle du musée municipal, situé 2 rue du Musée, dans la chapelle de l’ancien couvent du Sacré-Cœur. Cet embryon de musée est pourtant déjà un grand progrès. Il faut savoir en effet que le musée municipal, créé en 1912, abrite depuis trente ans une petite collection d’objets ayant appartenu à Arthur Rimbaud. Une collection modeste, noyée dans les autres collections du musée. 
La deuxième étape importante est l’installation au Vieux-Moulin en 1969. Mais il n’occupe que le deuxième étage du moulin, la part belle étant attribuée au musée d’Ardenne spécialisé dans les arts et traditions. Il faut attendre véritablement 1994 pour que le musée Rimbaud devienne réellement un musée autonome, séparé du musée de l’Ardenne qui lui se déplace dans ses nouveaux locaux flambant neufs de la place Ducale.

Le clan des Ardennais

L’histoire du musée Rimbaud, c’est aussi une histoire ardennaise. Le musée aurait-il pu voir le jour sans Jean-Paul Vaillant ? Cet homme qui travaille aux impôts, donc dans les chiffres, est aussi un homme de lettres, auteur de romans, récits et contes consacrés aux Ardennes. Président des écrivains ardennais, fondateur de la Société des Amis de Rimbaud le 29 octobre 1929, il peut s’enorgueillir d’avoir pour présidents d’honneur dans son association Ernest Delahaye et Georges Izambard, soit le condisciple de Rimbaud et son professeur, deux hommes qui font intégralement partie de la légende Rimbaud ! Il correspond avec eux comme il correspond avec d’autres rimbaldiens de l’époque dont l’Ardennais Jean-Marie Carré, auteur en 1926 d’une biographie La vie aventureuse de Jean-Arthur Rimbaud, qui a connu un beau succès et rapproché le poète d’un public plus large.
Il y a également André Lebon, maire de Charleville, qui est à l’origine de la fusion de Charleville et de Mézières. Député de 1967 à 1978, il va jouer un rôle non négligeable dans l’histoire du musée. En tant que député, il est souvent présent à Paris. Il en profite pour prospecter les libraires afin d’enrichir le fonds Rimbaud. En 1969, il lance le premier cahier du Centre culturel Arthur Rimbaud. Quand il prend sa retraite politique, il accumule les notes et les documents qu’il intitule délicieusement « glanes rimbaldiennes ». 
Il faut citer Stéphane Taute, conservateur des musées de Charleville et bibliothécaire jusqu’en 1979. C’est grâce à lui que le fonds du collectionneur Henri Matarasso va atterrir à Charleville et donner au musée sa légitimité. Enfin je n’oublie pas Alain Tourneux qui a pris la lourde succession de Stéphane Taute et mené à bien la métamorphose du musée Rimbaud. On lui doit l’autonomie progressive du musée Rimbaud, enfin la transformation actuelle qui  fait du musée un peu vieillot du XXe siècle un musée du futur.

D’Arthur le voyou à l’idole Rimbaud. Histoire du musée Arthur Rimbaud de Bruno Testa (PMR éditions).

Le livre est en vente à la librairie Rimbaud de Charleville-Mézières ou peut se commander en ligne à la même librairie.

Note, par Jacques Bienvenu : Ce livre présente une iconographie remarquable et originale. Nous publierons prochainement la seconde partie de notre dossier sur le nouveau musée Rimbaud.

mardi 30 juin 2015

Une remarquable vidéo

Voici la meilleure vidéo  sur l'inauguration du musée Rimbaud.

Un article "peu sérieux" du Figaro sur l'inauguration du musée Rimbaud.



Anthony Palou vient de publier ce mardi 30 juin dans Le Figaro, version papier, à la rubrique Le Figaro et vous, un article intitulé : « Rimbaud es-tu là ? » qui appelle des commentaires.

Anthony Palou écrit notamment ceci : « Curieuse impression : en ce jour d'inauguration, il y avait si peu de Rimbaud : « des slameurs de services, surtout, surtout des commentateurs Diafoirus rimbaldolâtres qui se bouffaient le nez sur des points de détails, parlaient d'un vrai-faux tableau portrait du poète etc ».

J'ai peur qu'Anthony Palou qui écrit au début de son article « l'haleine du poète vous prend à la gorge » n'ait eu comme le poète « d'Alchimie du verbe » des hallucinations.
J'atteste qu'aucun commentateur et surtout pas moi, n'a bouffé le nez de personne en parlant d'un vrai-faux portrait de Rimbaud, ce qui eut été déplacé en cette circonstance.

Le seul endroit où il y a eu discussion est une table ronde intéressante qui s'est tenue, en l'absence de Jean Michel Djian, suite à la projection de son film  : « Arthur Rimbaud, le roman de Harar ».

J'ajoute, pinaillage de critique « dévot », qu'Anthony Palou termine brillamment son article en disant que l'homme « aux semelles de vent » aurait écrit dans « les chiottes de la cour » de la Maison des Ailleurs sa Saison en enfer. Tous ceux qui connaissent Rimbaud savent que c'est à Roche à des kilomètres de Charleville que le poète a écrit la fin de la Saison en enfer.

Qu'Anthony Palou ait voulu écrire un article pour amuser son public : c'est son choix. Mais tout de même on peut attendre d'un journaliste écrivain qu'il ne soit pas aussi léger. On peut être peu sérieux : cela s'appelle de l'humour. Mais cet humour est plus pertinent si les informations données sont exactes.  

En préparation : seconde partie musée Rimbaud

dimanche 28 juin 2015

Premières photos de l'inauguration du musée Rimbaud


 Photo JB

De gauche à droite : Jacqueline Tessier-Rimbaud arrière petite nièce d'Arthur Rimbaud, Boris Ravignon  maire de Charleville-Mézières, Alain Tourneux  conservateur du musée Rimbaud.

Photo JB.

Allocution inaugurale de Boris Ravignon qui a choisi de lire le poème en prose de Rimbaud Aube. Madame Claudine Ledoux ancienne maire de Charleville s'exprimera pendant ces discours des édiles de la ville et de la région.

Photo JB.

Alain Tourneux et Ernest Pignon-Ernest, l'artiste bien connu des rimbaldiens. Entre les deux hommes vêtus de noir, on aperçoit Maudame Laure Matarasso petite fille du grand libraire Henri Matarasso qui a fait don au musée Rimbaud d'une exceptionnelle collection d'archives sur le poète de Charleville.

Photo JB.

De gauche à droite : André Guyaux, éditeur des oeuvres de Rimbaud dans la Pléiade, Aurélia Cervoni qui a collaboré à cet ouvrage et Jean Baptiste Baronian, directeur du récent dictionnaire Rimbaud.

Il était midi environ. Un peu plus tard à 12H 30 une visite exceptionnelle commentée par Alain Tourneux était réservée à un petit groupe.

À suivre...

Mise à jour lundi 29 : voir sur francetvinfo
On regardera surtout la vidéo de ce site qui concerne l'une des deux seules visites. Celle-ci est la première réservée uniquement aux édiles de Charleville et aux personnalités officielles venus pour l'inauguration. Observez  les fameuses photographies Carjat de la collection André Gide exposées dans une vitrine.

Notre prochain article concernera la seconde visite.