mardi 28 février 2017

Nouvel et très brillant article d’André Gunthert sur les images de Proust et Rimbaud révélées par la presse.


Je suis stupéfait de la puissance d’analyse d’André Gunthert et par sa rapidité à intégrer tous les problèmes. Il faut consulter cet article intitulé : L’effet « Blow up » qui est à mon sens historique !

mardi 21 février 2017

Proust et Rimbaud sur le blog d'André Gunthert (mis à jour le 27 février)

À voir absolument sur le blog d'André Gunthert un remarquable article qui relie l'image présumée de Proust révélée dans un film d'archives et la photographie du Coin de table à Aden.

On peut y lire ceci : « Comme dans l’affaire Rimbaud, récemment close par un numéro hors-série du Monde du 25 janvier 2017, qui qualifie de «supercherie» les identifications du poète, un air de famille et le désir de voir constituent les principaux aliments du fantasme. »

De façon à ne pas créer de confusion, je viens de poster ce message sur le blog d'André Gunthert :

On ne peut pas vraiment comparer l’image qui avait été donnée de Rimbaud et ce film proposant de voir Proust. « Le Coin de table à Aden » donnait une nouvelle pièce iconographique, inconnue et assez dépréciative. Cette image de Proust ne change rien à l’iconographie proustienne. Par ailleurs, la publication du film me semble totalement désintéressée et proposée par des gens compétents qui ont donné des arguments sérieux. Pour ma part, bon public, j’étais très content de voir ce film. Néanmoins, André Gunthert a raison de poser des questions. Cette image de Proust n’a aucune raison de créer une polémique, mais elle peut susciter un débat passionnant.

Signalons la très bonne tenue du débat sur l’image de Proust que l’on peut voir sur ce lien.

L'argument majeur qui contredit la présence de Proust dans le film est la grosse moustache de Proust 3 mois avant le mariage. D'autres images de Proust et de sa moustache de 1902 à 1905 sont présentées dans le lien indiqué ci-dessus.

Proust en août 1904. Album Proust. DR.

On reconnaît sa silhouette svelte, sa moustache noire, petite à l’époque, l’ovale parfait de son visage d’ivoire écrit  dans son article  Jean-Pierre Sirois-TrahanÀ cela s'ajoute le fait que la correspondance de Proust au moment du mariage le montre très malade, constamment alité. On a du mal à croire qu'il puisse descendre des escaliers aussi rapidement.

vendredi 17 février 2017

André Guyaux et Alain Tourneux photographiés sous les bananiers lors de leur tournée en Asie.


André Guyaux bras croisés et Alain Tourneux. Vientiane 1er février.DR.

André Guyaux et Alain Tourneux ont terminé une tournée de conférences en Asie. Lundi 30 janvier 2017 a marqué le début de la tournée intitulée « Le mythe Rimbaud » dans la zone Asie-Pacifique. Je reçois cette photographie du nouveau président de l’Association des amis de Rimbaud et de l’éditeur de Rimbaud dans la prestigieuse Pléiade. C’est un cliché symbolique, d’autant plus qu’il est un clin d’oeil à la fameuse photographie de Rimbaud dans un jardin de bananes prise à Harar. Observons qu’André Guyaux a comme le poète voyageur les bras croisés… 

Rimbaud dans un jardin de bananes.BN. DR.

samedi 11 février 2017

Les phylactères de Rimbaud. (Mis à jour le 14 février)


BN.DR.

La presse a longuement parlé de la bande dessinée de Rimbaud. C’est un fait que des phylactères ou bulles de texte apparaissent dans ses dessins. C’est assez étonnant en 1865. En général, on parle de la fin du 19ème siècle pour les premiers phylactères des bandes dessinées. 
Où Rimbaud a-t-il rencontré des images avec des bulles de textes ? Les a-t-il inventés à partir d’anciennes représentations d’enluminures dont il était si friand ?

Extrait des dessins qui sont à présent au Musée Rimbaud.

Monsieur Alain De Vos me communique un dessin que je verse à ce dossier :


Reproduction BN. Michel Ragon. DR.

Caricature de Napoléon malade et demandant à Cambacérès « Cher cousin, comment trouvez-vous mon état ? – Sire, il ne peut pas durer, Votre Majesté a une trop mauvaise constitution. » Datation du dessin sous Les Cents Jours. Source : Le dessin d’humour, Histoire de la caricature et du dessin humoristique en France, Michel Ragon.

Voici une autre caricature avec phylactères concernant Napoléon I, mais curieusement je n'en trouve pas dans les journaux des années 1870.


BN.DR.

samedi 4 février 2017

Les quatre lots Rimbaud de la vente Sotheby’s du 8 février. (Mis à jour le 9 février)

Le 8 février 2017 ont été mis en vente chez Sotheby's quatre documents exceptionnels concernant Rimbaud. On peut  consulter la description des lots et les résultats de la vente  dans le catalogue en ligneLes dessins de Rimbaud ont été préemptés avec succès par le Musée Rimbaud de Charleville. La stratégie de discrétion qui n’avait pas été employée pour l’achat du révolver de Verlaine a été plus efficace et il faut s’en réjouir, d’autant plus que les dessins complètent un ensemble possédé par le Musée. En effet, les dessins proviennent d’un cahier de brouillons qui fut un temps appelé Cahier des dix ans et dont n’ont survécu que 8 feuillets. Étant donné que les textes correspondent au programme scolaire du dernier trimestre de la classe de sixième, on a pu dater le cahier de 1865, alors que Rimbaud avait dix ans et demi (Œuvres complètes, Pléiade, p. 1006). Sans que l’on sache s’ils sont exactement contemporains du reste du cahier, les dessins figuraient sur le dernier des 8 feuillets. Le cahier appartint à Jacques Guérin. À sa vente, les feuillets manuscrits furent vendus au Musée-bibliothèque Arthur-Rimbaud de Charleville-Mézières (vente VII, 20 mai 1992, lot 93), tandis que la feuille de dessins, qui avait été séparée par le collectionneur, a été présentée aux enchères plus tard (28 mars 2007, vente où l’ancien propriétaire en fit l’acquisition). Ces dessins ne furent publiés que tardivement, entre 1956 et 1998. Ces dessins seront exposés au Musée à partir du mois d’avril. Nous adressons nos félicitations à l’équipe du Musée Rimbaud et  particulièrement à la directrice du Musée, Madame Lucille Pennel, pour cette brillante négociation. 

Sur un des dessins on peut lire : «Tin toi d'un min» (« tiens-toi d'une main»)

Rimbaud connaissait bien sûr le patois ardennais. Il était aussi un latiniste extraordinaire. Sans le latin il n’aurait pas été l’un des plus grands poètes de langue française. Ceci renvoie, comme la traduction du reçu en amharique, à la merveilleuse exposition du Mucem à Marseille, dont j’ai parlé récemment

De nombreux articles de presse ont  parlé de cette vente. 






mercredi 1 février 2017

Conférence Rimbaud à l'institut français du Laos le jeudi 2 février 2017



A l’occasion de la venue de deux éminents spécialistes de Rimbaud : Alain Tourneux, ancien conservateur du musée Rimbaud de Charleville Mézières et André Guyaux, professeur de littérature française (XIX e siècle) à l’université Paris-Sorbonne.

Source de l'information : Institut français du Laos.

lundi 30 janvier 2017

Rimbaud et Babel, par Jacques Bienvenu. (Mis à jour le 30 janvier)


Photo JB. Dimanche 29 janvier. DR.

Je réservais la traduction.
Arthur Rimbaud, Alchimie du verbe.

Je viens de voir la remarquable exposition Après Babel, traduire qui se trouve en ce moment au MUCEM à Marseille. Le thème de la traduction y est traité de manière géniale.

Rimbaud aurait pu figurer dans cette exposition à plus d’un titre : lui, le latiniste virtuose, recopiant des mots anglais, espagnols et allemands quand il était poète et qui disait après avoir quitté l’Europe : « Je perds le goût pour le climat et les manières de vivre et même la langue de l'Europe. Hélas ! À quoi servent ces allées et venues, et ces fatigues, et ces aventures chez des races étranges, et ces langues dont on se remplit la mémoire. »

Voici quelques images de cette exposition où le lecteur verra d'autres liens qui peuvent être faits avec le poète.


Enluminures, illuminations. Photo JB.DR


Je est un autre. Photo JB. DR


Poe, Baudelaire, Mallarmé. Photo JB. DR.

J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs. 

Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.