jeudi 23 juin 2016

La fugue de Patrick Taliercio


Image de l'agresseur de Jacques Bienvenu, lors de la conférence Le mystère
 des visages de Rimbaud du 20 octobre 2015. Droits strictement réservés. JB.


C’était le 20 octobre 2015, jour anniversaire de la naissance de Rimbaud. J’étais en train de donner une conférence à la médiathèque Voyelles de Charleville : Le mystère des visages de Rimbaud, lorsque soudain un homme apparut et m’aspergea de chantilly. Il disparut aussi vite qu’il était venu.

L’identité de l’agresseur a été révélée après mon intervention : on avait reconnu Patrick Taliercio. La salle était obscure au moment de l’incident, car  des images étaient projetées sur grand écran. Aucun des journalistes présents dans la salle n’avait pu prendre la moindre photographie de l’agresseur dont l’apparition fut aussi brève qu’inattendue.

Voici pour la première fois une photographie du « terroriste à la chantilly ». Il apparaît comme une ombre chinoise se découpant sur l’écran. Nous discuterons ici de savoir si cette image permet d’identifier formellement Patrik Talercio que nous désignerons désormais par les lettres PT.

Effectuons un petit  retour en arrière. En 2008, PT, cinéaste marseillais, découvrit chez un bouquiniste de Charleville un article inédit de Rimbaud intitulé Le Rêve de Bismarck dans  un vieux journal, Le Progrès des Ardennes du 25 novembre 1870, qu’il acheta aussitôt. L’événement médiatisé fit sensation. Pendant cinq ans le cinéaste garda son précieux journal puis il décida de le vendre aux enchères à Charleville le 30 juin 2013. Alain Tourneux, informé de la vente, avait habilement préparé son coup. Sans rien dire à personne, il avait mis en place le droit de préemption du musée Rimbaud qui nécessitait une préparation assez délicate. Le journal avait trouvé preneur à 8000 euros, dernière enchère très décevante pour le vendeur. Le conservateur brandit alors son papier officiel et Le Progrès des Ardennes devint la propriété du musée Rimbaud

Revenons à l’incident du 20 octobre. Donc PT - si c’est bien  lui -  arrive le soir de Belgique où il réside à présent. Est-il venu à pied comme l’homme aux semelles de vent ? A-t-il pris le chemin de Rimbaud quand il allait à Charleroi en 1870 ? Il y a un côté routard chez PT. Il avait déjà son fameux sac à dos qui est une preuve redoutable sur notre image. Est-il venu seul ? A-t-il eu des complices, un soutien logistique ? Il a eu, de plus, beaucoup de  chance d’avoir échappé au directeur de la médiathèque qui m’a dit qu’à quelques minutes près il l’aurait plaqué au sol. Cet épisode rocambolesque intervenait dans un contexte tragique et il fallait détendre l’atmosphère de l’assistance un peu médusée, ce que je crois avoir fait assez bien en poursuivant tranquillement ma conférence.

Pourquoi ne pas avoir révélé plus tôt cette photographie de PT en ombre chinoise ? Tout simplement, car j’en ignorai l’existence jusqu’à une date récente. Cette image provient d’une vidéo réalisée par Laetitia Champenois-Kriennevalt. Elle avait procédé à  un montage pour Ardennes TV. J’ai demandé récemment à Laetitia de regrouper la presque totalité de la conférence depuis qu’elle n’est plus visible sur le site d’Ardennes TV. Elle m’avait informé dès le début qu’elle n’avait pas de passage exploitable de l’incident. Mais j’insistais beaucoup cette fois. Elle se mit au travail et  récupéra  un extrait du film  où PT apparaissait en ombre chinoise devant la photo de Rimbaud. Quelle surprise ! le  « flou de bougé » de cette photographie disparaît à la vidéo. Autre élément supplémentaire de la vidéo : on entend la voix de PT qui s’adresse à moi ! Arrivera-t-on a identifier avec certitude PT ? Faudra-t-il convoquer Brice Poreau pour une identification biométrique ? Voilà donc une fois de plus sur Rimbaud ivre un scoop et une énigme.

L’image en elle-même, cette ombre de l’agresseur à côté du visage de Rimbaud, est extraordinaire. Je suggère à André Gunther une analyse de cette image. Elle pourrait inspirer le spécialiste, historien  de la photographie, qui avait décelé un étonnant « flou de bougé » sur la photo du Coin de table à Aden et qui est revenu sur cette question récemment.

À la date de l’incident, PT venait enfin de réaliser - grâce à des subventions obtenues en Belgique - le film qu’il avait commencé dès  2008 et intitulé  : La seconde fugue d’Arthur Rimbaud. J’ai réussi à me procurer la vidéo du film que je viens de visionner. Ce long métrage a une visée politique : il  replace la fugue de Rimbaud dans le contexte actuel des régions ardennaises sinistrées par la crise et le chômage. Je doute que l’idée soit bonne - le résultat reste consternant. Impossible de ne pas s’endormir en regardant ce laborieux documentaire d’une heure 35 minutes qui nous plonge dans un misérabilisme déprimant. Un ennui profond vous saisit et ne vous quitte pas. Je me suis endormi deux fois en le regardant. On mesure  la distance  avec  un film récent comme Merci patron, dont le sujet politique a quelques points communs avec celui du cinéaste marseillais. Réalisé avec très peu de moyens,  l’humour était au rendez-vous de l’excellent Merci patron. Il ne l’est pas dans le pensum que nous inflige Patrick Taliercio. Dommage pour Rimbaud. On attend des cinéastes plus inspirés pour le grand poète ardennais.



vendredi 17 juin 2016

Roche, 17 juin 2016

Le mur qui reste de la ferme de Roche. Photo JB.

Roche où Rimbaud a écrit Une Saison en enfer



Jacques Bienvenu, Roche 17 juin 2016. DR.
En face de la ferme.

mercredi 8 juin 2016

Entretien avec Jean-Baptiste Baronian


Jean-Baptiste Baronian.DR.



Jacques Bienvenu

Comment avez vous été amené à éditer le Dictionnaire Rimbaud ?

Jean-Baptiste Baronian
En 2010, quelques mois après que j'avais fait paraître chez Folio une biographie de Rimbaud, j'ai été contacté par Guillaume de Roux, qui était à l'époque un des éditeurs de la collection « Bouquins » publiée par Robert Laffont. Il m'a dit que mon livre lui avait beaucoup plu et m'a tout de suite proposé d'être le maître d'œuvre d'un Dictionnaire Rimbaud. Plutôt surpris, je lui ai alors demandé pour quelle raison il s'adressait à moi, et non pas à un rimbaldien notoire lié au monde universitaire. Sa réponse m'a laissé rêveur : « Parce que tu es au-dessus de la mêlée. » Il entendait par là que les rimbaldiens sont divisés, qu'ils appartiennent chacun à tel clan ou à tel autre et qu'ils n'arrêtent pas de se faire la nique, souvent pour des queues de cerise. J'ai vu cette proposition comme un défi, et justement par rapport à toutes ces dissensions entre spécialistes ou prétendus connaisseurs du poète. Et puis, je l'avoue, la formule du dictionnaire m'a toujours séduit, et j'avais même en chantier, quand j'ai été contacté par Guillaume de Roux, ce que j'avais appelé un « dictionnaire indirect » consacré à Simenon, c'est-à-dire un dictionnaire consacré à des personnes et des sujets périphériques à son œuvre, par exemple les directeurs de journaux et de magazines qui l'ont publié, les cinéastes qui se sont inspirés de ses romans, les comédiens qui ont joué Maigret ou d'autres personnages, etc. Là-dessus, je me suis en rapport avec des rimbaldiens, certains forts connus, d'autres presque pas, et avec leur aide, j'ai commencé à établir une première liste d'entrées, que j'ai soumise à Robert Laffont. C'est sur cette base que j'ai signé le contrat d'édition.

JB
Vous êtes belge et vous résidez depuis longtemps à Bruxelles. Cette situation géographique vous à t-elle marqué pour l’intérêt que vous portez à Rimbaud et Verlaine ? Quel est votre premier contact avec l’oeuvre de Rimbaud ?

J-BB
Depuis mon adolescence, je suis un fervent lecteur de poésie et j'étais très jeune quand j'ai découvert celle des plus grands auteurs français, d'abord à travers les manuels scolaires, puis en me procurant des recueils. Vers l'âge de quatorze ans, j'ai commencé, je crois, par Les Fleurs du mal. C'était une édition populaire publiée par Gründ, sur la couverture de laquelle figurait une femme à moitié dévêtue, et je me souviens que lorsque j'ai acheté ce livre au format de poche (à Montreuil, à deux pas de la bouche du métro), j'ai eu le sentiment de commettre un péché mortel… Dans mon adolescence, je n'ai pas, dans un premier temps, associé Verlaine et Rimbaud à la Belgique et au fait que de mon côté, je vivais à Bruxelles. Mais dans un deuxième temps, les divers séjours de Verlaine et de Rimbaud en Belgique ont marqué mes esprits, et j'ai même commis des poèmes où ils étaient évoqués tous les deux, dont un où le nom de Verlaine se trouvait en acrostiche et un autre, qui était intitulé Bruxelles et où il était question « d'éternels sanglots ». En tant qu'auteur, j'ai rapidement renoncé à la poésie et s'il m'arrive d'en écrire encore de loin en loin, ce ne sont jamais que des vers de mirliton. Dans ce domaine, c'est le génie ou rien, et les génies sont si géniaux, de Villon à Claudel, en passant par Racine, Hugo, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud ou Laforgue, ou l'Anversois Max Elskamp que j'adore, qu'ils écrasent tout sur leur passage terrestre avec leur verbe souverain. Un littérateur belge ne peut qu'être hanté par le destin extraordinaire de Verlaine et de Rimbaud en Belgique et, en particulier à Bruxelles en juillet 1873. Mon roman L'Enfer d'une saison, qui date de 2013 et dont ils sont les héros, a justement été conçu pendant que je travaillais au Dictionnaire Rimbaud. Je l'ai écrit… comme… comme en surimpression sur cet ouvrage, sans jamais me forcer, et les épisodes bruxellois que je raconte sont venus à moi le plus naturellement du monde. Il s'agit là, en quelque sorte, d'un roman vécu. Chose sans doute paradoxale, d'une fiction autobiographique, mais dans laquelle je m'interdis de parler de moi. Le Dictionnaire a conditionné le roman. Ou l'a enfanté. C'est drôle, non ?

JB
Une saison en enfer est aussi, comme on l’a dit, une biographie fictionnelle, mais dans laquelle contrairement à vous, Rimbaud dit tout le temps « moi ». Cela pourrait justifier le titre inversé de votre livre : L’Enfer d’une saison. Dès le début de votre ouvrage qui commence le 18 juillet 1873, vous imaginez que Rimbaud rencontre Athanase Durand qui a existé, mais dont seul un spécialiste de la biographie rimbaldienne peut en connaître l’existence. C’était le frère de Paul Durand, ami d’Izambard, que Rimbaud avait rencontré à Bruxelles en 1870. Puis, vous supposez que ce frère était un ami de Baudelaire. Ne transposez-vous pas avec Félicien Rops dont vous écrivez que  Rimbaud l’avait rencontré à Paris ? pouvez-vous justifier le fait que vous faites dire à Rimbaud que Félicien Rops est un voyant ?

J-BB
J'ai cherché dans L'Enfer d'une saison à combler, à remplir les trous de l'histoire littéraire, mais aucune des supputations que j'ai faites n'est, je crois, fantaisiste ni gratuite. Athanase Durand a, de fait, bel et bien existé. Comme Jacques Poot, l'imprimeur d'Une saison en enfer, ou le propriétaire de l'Hôtel du Grand Miroir, que Rimbaud rencontre aussi, en juillet 1873. Ou même le peintre Jef Rosman, quoiqu'on puisse avoir des doutes sur la datation exacte de son portrait de Rimbaud « chez Mme Pincemaille, marchande de tabac rue des Bouchers, à Bruxelles ». Comme il y va ici d'un roman, il n'est pas important que le lecteur sache si ces personnages sont fictifs ou s'ils sont réels, s'ils incarnent effectivement des gens dont l'existence est avérée. Quand j'imagine que Paul Durand, l'ami de Georges Izambard, a pu connaître Baudelaire, à l'époque où ce dernier logeait à l'Hôtel du Grand Miroir à Bruxelles, ou que Rimbaud a pu, lui, rencontrer Félicien Rops lors d'un de ses voyages à Paris, je ne sacrifie pas à la vraisemblance, je ne fais qu'interpréter des probabilités historiques. J'ai d'ailleurs la profonde conviction qu'un des rôles essentiels du romancier consiste à revisiter l'Histoire et, comme je l'ai dit, à combler, à remplir des trous – des vides, des oublis, des omissions, des amnésies, bref tout un réseau d'inconnues, au sens mathématique du terme. Et voilà pourquoi je fais dire à Rimbaud que Félicien Rops est voyant. A la réflexion, je pense qu'il a dû le dire, lui qui parle si peu de l'art et des artistes dans ses écrits… 

JB
Le rapprochement entre Rimbaud et Félicien Rops est lumineux. L’exposition « Verlaine, cellule 252 », qui s’est tenue à Mons récemment évoque les relations entre Rops et Verlaine. Une belle exposition n’est-ce pas ?

J-BB
Je le dis sans détour : c'est la plus belle exposition littéraire que j'ai vue à ce jour, et Dieu sait si je suis friand d'expositions littéraires et si j'aime également visiter les lieux où ont vécu de grands écrivains. Un modèle du genre. Il faut rendre un vibrant hommage à Bertrand Bousmanne, qui en a été le maître d'œuvre. Il n'a rien négligé, absolument rien. La mise en scène qu'il a conçue était en tout point remarquable. Il y avait ainsi un espace sur la prison de Mons, avec en particulier la reconstitution d'une cellule, qui m'a fait froid dans le dos. Et puis voir de visu les documents relatifs à l'affaire de Bruxelles, ou encore le revolver Lefaucheux qu'a utilisé Verlaine pour tirer sur Rimbaud, confine au vertige. Je regrette toutefois que cette exposition n'ait pas circulé, comme on dit. Pour des questions d'assurances d'après ce que j'ai cru comprendre. 

JB
Le catalogue de l’exposition est un chef-d’oeuvre. Revenons au Dictionnaire Rimbaud. Il y avait 35 collaborateurs et la réalisation du livre a demandé  plusieurs années. Pouvez-vous nous parler de cette lourde tâche de directeur, de vos satisfactions et peut-être des problèmes que vous avez eu à résoudre ?

J-BB
En toute franchise, cela n'a pas toujours été commode de piloter cet ouvrage. J'avais remis à chacun des collaborateurs un petit protocole d'édition concernant à la fois le fond et la forme du Dictionnaire, mais la moitié d'entre eux ne l'a pas respecté. J'avais notamment demandé que les notices sur les poèmes de Rimbaud ne soient qu'informatives. Malgré quoi, certains collaborateurs ont brodé tant et plus sur les poèmes dont ils avaient la charge et j'ai donc dû procéder à de nombreux réajustements. Et je ne parle pas des problèmes d'uniformisation. Un tel écrivait Une saison en enfer avec des guillemets, un autre avec une majuscule à « saison », un troisième employait les capitales pour chacun des mots du titre, un quatrième trouvait bon de mettre ce même titre en caractères gras, et ainsi de suite… Et puis, chemin faisant, des collaborateurs pressentis m'ont abandonné, parfois sans la moindre explication ni la plus petite excuse, et j'ai éprouvé beaucoup de peine à en trouver de nouveaux. Sans compter les accidents de parcours. Si, par exemple, j'ai fait appel à vous pour une quinzaine de notices, c'est parce Jean-Michel Cornu de Lenclos, qui devait les rédiger, est mort avant de me les remettre toutes. Pour ce qui me concerne, j'avais prévu de rédiger les notices laissées vacantes, mais je ne m’attendais pas à ce qu'il y en ait autant. Cela dit, je vous avoue que j'ai eu du plaisir à les faire. J'ai pu approfondir de la sorte certains sujets que je ne connaissais pas bien et découvrir un grand nombre de pointilles, comme l'écrivait Saint-Simon. Les pointilles, à mes yeux, sont importantes. Ce sont elles qui donnent de la cohérence à un sujet ou à un thème abordé. J'ajoute que l'entreprise a été une constante work in progress, des notices en appelant d'autres, qui n'étaient pas prévues au départ, tant la matière est considérable, alors même qu'on a affaire à un auteur qui a fort peu produit et qui s'est retiré très jeune de la scène littéraire. Chose assez étonnante quand je me remémore cette passionnante aventure éditoriale, rares ont été les collaborateurs qui m'ont proposé de nouvelles notices en cours de travail. J'excepte ici André Guyaux. Du début à la fin, il m'a prodigué toute une série de suggestions et de précieux conseils, et je profite de cet entretien pour le remercier une nouvelle fois. Au fond, tous les rimbaldiens, les vrais, les purs devraient œuvrer de concert et se partager leurs informations et leurs intuitions. On devrait inventer une banque mondiale de données rimbaldiennes. À moins que votre site n'en soit déjà le prototype…

JB
Vous me donnez l’occasion de parler de Jean-Michel Cornu de Lenclos qui m’a envoyé de beaux articles pour mon blog. C’est avec effroi que je me souviens d’avoir appris son suicide dans un hôtel à Phnom Penh. Il m’avait envoyé ses derniers articles la veille de cet événement tragique. Son dernier message ne m’avait rien laissé soupçonner. Si je m’efforce de publier des articles et informations inédites comme la lettre de Bouchor communiquée par Yves Jacq, qui a retenu l’attention du prochain colloque Rimbaud, je ne peux avoir la prétention d’être le  prototype d’une banque mondiale de données ! Cependant, vous qui êtes un grand bibliophile, ne pensez-vous pas que l’objet livre demeure essentiel, même pour un dictionnaire que l’on pourrait imaginer sur le web ?

J-BB
Pour un bibliophile, le livre est un plaisir visuel, charnel, intellectuel, et je conçois la bibliophilie comme une esthétique – une esthétique en soi, qui possède sa propre grammaire et dont les règles n'ont pas grand-chose à voir avec celles de la grammaire de la toile. Une banque mondiale de données numériques n'est jamais qu'un office de dépôts et de consignations, où reposent une infinité de savoirs et où seront réunis un jour les milliards de livres écrits depuis que Gutenberg a inventé l'imprimerie. Mais ils ne seront jamais que des fantômes et ne formeront jamais une esthétique.

JB
Oui, mais ces fantômes sont bien utiles pour le chercheur ! Le site Gallica de la BNF permet de consulter un nombre incalculable de livres et articles anciens. Ne pensez-vous pas que les banques de données de la toile ont été parfois profitables pour rédiger certaines notices du Dictionnaire ? Vous arrive-t-il vous-même d’avoir recours à cette masse d’informations ?

J-BB
Je me suis, de fait, beaucoup servi de la toile dans la rédaction du Dictionnaire Rimbaud et je reconnais que sans elle, j'en serais peut-être encore toujours à glaner des informations dans telle ou telle bibliothèque et auprès de tel ou tel chercheur, çà et là à travers le monde. Reste que cette même toile est en général muette dès qu'on sort des sentiers battus et qu'on tente d'explorer les marges de la littérature – ce qui est une de mes inoffensives marottes. Prenez ainsi les noms des poètes cités par Rimbaud dans sa fameuse lettre adressée à Paul Demeny le 15 mai 1871. Oubliez Hugo, Musset, Gautier, Banville ou Baudelaire. Que croyez-vous que la toile dit de Pichat, d'Autan, de Lafenestre, de Coran, de Lazarches, de Lemoyne ou de Popelin ? Rien, ou presque. Et presque rien, par exemple, sur Mérat. Et essayez, de surcroît, de mettre la main sur un recueil d'un de ces auteurs totalement oubliés, de l'acheter sur un des très nombreux sites de vente de livres, en France ou à l'étranger… Il peut se passer des années avant que nous ne tombiez dessus ! 

JB
Je ne pourrais pas mettre facilement la main sur les ouvrages de Mérat ou de Lafenestre, mais je pourrai au moins lire un grand nombre de leurs oeuvres sur le site Gallica. Puisque nous parlons de recherches hors internet, ne pensez-vous vous pas qu’il est possible de trouver en Belgique des informations sur Rimbaud et Verlaine dans des revues, des bibliothèques, des archives, ou autres ? Pourriez-vous nous donner des pistes? 

J-BB
L'essentiel de ces recherches en Belgique a déjà été effectué de longue date. Tout récemment encore, Bernard Bousmanne a révélé divers détails peu connus dans son superbe livre illustré Verlaine en Belgique publié chez Mardaga, dans le cadre de l'exposition « Verlaine, cellule 252 », qui s'est tenue à Mons du 17 octobre 2015 au 24 janvier 2016 et que j'ai déjà évoquée tout à l'heure. Je n'irai pas jusqu'à dire que le sujet a été épuisé, mais j'ai bien peur qu'on ne trouve pas grand-chose de nouveau dans les revues et bibliothèques belges. L'hypothèse d'archives privées pouvant contenir des révélations n'est cependant pas à écarter. J'en rêve quelquefois. Je me dis qu'il y a peut-être quelque part à Bruxelles, ou ailleurs en Belgique, des dossiers qui sommeillent et auxquels leurs propriétaires n'ont jamais prêté attention. Le coup de dé, en somme. Lequel, ainsi que Mallarmé l'a si bien dit, n'abolira jamais le hasard. À moins que ce ne soit le contraire.

JB
Pour terminer cet entretien, je voudrais m’adresser à présent à l’auteur du Dictionnaire amoureux de la Belgique. Ne pensez-vous pas que les Français ont une vision un peu stéréotypée de ce pays ? Baudelaire, il est vrai, n’a pas été tendre pour le plat pays . Ne faudrait-il pas corriger cette vision, surtout aujourd’hui ?

J-BB
Vous avez raison, les Français ont une vision stéréotypée de la Belgique. Ils l'ont du reste de la Grande-Bretagne, de l'Allemagne, des États-Unis et des autres pays. Je l'ai encore constaté lors des attentats terroristes, qui ont frappé Bruxelles le 22 mars 2016. C'est fou le nombre de bêtises que j'ai lues et entendues sur la commune de Molenbeek et, en particulier, sur son emplacement géographique exact ! D'une manière générale, l'immense majorité des commentaires et des articles publiés sur mon Dictionnaire amoureux de la Belgique, et Dieu sait s'il y en a eu beaucoup depuis sa parution en librairie en octobre 2015, participent à cette vision stéréotypée, alors même que je m'en suis écartée et que je n'ai pas voulu sacrifier aux clichés et aux lieux communs réducteurs. Mon livre propose, je crois, un juste équilibre entre des sujets, des thèmes et des personnages connus ou convenus et des sujets, des thèmes et des personnages qu'on ne s'attend pas forcément à trouver et qui constituent le plus souvent des découvertes, non seulement pour les lecteurs français, mais aussi pour les lecteurs belges. Eh bien, c'est à peine si la presse s'est attardée sur cette seconde catégorie de notice, à mes yeux la plus passionnante et, j'ose le dire, la plus originale (il y en a grosso modo plus de deux cent cinquante). Vraiment, je le regrette. Jusqu'à me demander si mon travail offre une quelconque utilité et si mes curiosités intéressent les gens. Il en va de même, d'ailleurs, du Dictionnaire Rimbaud. Je n'ai lu nulle part qu'un bon nombre de notices abordaient des sujets, des thèmes et des personnages qu'on n'avait encore jamais traités. Le livre est bourré de notations inédites, de détails nouveaux, de renseignements rares, et tout se passe comme si tout cela n'avait aucune importance.

JB
Avez-vous des projets éditoriaux ?

J-BB
J'ai toujours des dizaines de projets éditoriaux et je crois que j'en aurai toujours. Dans le cadre de nos entretiens, sachez que j'en ai en cours sur Verlaine dans lequel, il va sans dire, il est question de Rimbaud. Plus concrètement, je publie en octobre 2016 Le Paris de Simenon aux Editions Alexandrines. Ce livre fera partie d'une collection où figurent déjà les Paris de Balzac, Hugo, Dumas, Proust, Cocteau, Modiano, etc., et où est annoncé un Paris de Verlaine et de Rimbaud.




samedi 4 juin 2016

Loin de tous les bruits du monde, par Alain Tourneux.




Claude Jeancolas.
Photographie Jean-Michel Cornu de Lenclos.

Claude Jeancolas nous a quittés le 10 février dernier, il se savait malade depuis l'automne 2014.

C'est à Charleville, le 18 octobre de cette même année, qu'à l'invitation du musée Rimbaud Claude avait donné sa dernière conférence sur le thème de Rimbaud l'Africain, titre de son dernier ouvrage qui paraissait au même moment (Editions Textuel 2014).

Il ne se passait pas une année sans que Claude Jeancolas vienne une ou plusieurs fois à Charleville où il comptait plusieurs amis; lors de ses visites, le musée Rimbaud, l'ancienne bibliothèque, la librairie Rimbaud et la librairie Le temps des cerises formaient son parcours habituel. Au-delà des amitiés nouées ici, pour lui originaire de Lorraine, ses passages fréquents dans les Ardennes correspondaient certainement au souhait profond qu'il avait de mieux comprendre la complexité de la personnalité d'Arthur Rimbaud. Dans cet objectif et depuis trois décennies Claude s'était lancé dans une véritable quête, il cherchait à explorer tous les détails d'une vie, à marcher sur les mêmes sentiers, à emprunter les mêmes pistes le menant jusqu'au fond des déserts et jusque sur les hauts-plateaux d'Éthiopie.

C'est ainsi que nos chemins se sont croisés, et cela dès 1989 lorsqu'il préparait son premier ouvrage  Les voyages de Rimbaud (Balland, 1991), Claude explorait alors les plus grandes collections photographiques au sein des musées et bibliothèques de l'Europe entière, c'est ainsi que ce premier ouvrage se révéla être "un coup de maître", montrant des clichés le plus souvent inédits émanant des plus grands photographes voyageurs de l'époque, certains d'entre eux ayant croisé Arthur Rimbaud.

Au travers de ces recherches Claude Jeancolas accéda très vite au cercle très fermé des spécialistes des photographies de voyage de la seconde moitié du XIXe siècle, c'est ainsi que quelques années plus tard il fut très vite convaincu de l'authenticité de la photographie montrant Rimbaud parmi un groupe de chasseurs, photographie alors proposée à la vente par la galerie Hypnos, pour Claude cette photographie ne pouvait être contestée et il la publia très vite dans L'Afrique de Rimbaud (Textuel 1999), quelques années plus tard cette même photographie rejoignait les collections du musée Rimbaud.

Dès 1991 Claude avait accepté d'être le commissaire de l'exposition « Les voyages de Rimbaud », exposition regroupant un choix de clichés effectué dans l'ouvrage évoqué plus haut, il en fit de même quelques années plus tard avec « L'Afrique de Rimbaud »  et l'exposition qui en découla. Réalisée grâce au mécénat de la société Kodak l'exposition de 1991 avait pris place parmi les manifestations du centenaire, elle avait tout d'abord été montrée dans la galerie Colbert à deux pas de la Bibliothèque Nationale puis elle avait été ensuite présentée au musée Rimbaud.

En cette même année 1991 Claude publiait le premier Dictionnaire Rimbaud (Balland 1991) et après une période consacrée à approfondir ses recherches les publications se succédèrent à un rythme intense avec L'oeuvre intégrale manuscrite (Textuel 1996), puis Les lettres manuscrites de Rimbaud (Textuel 1997) et Passion Rimbaud ouvrage d'une très riche iconographie (Textuel 1998), ce qui fut également le cas pour L'Afrique de Rimbaud ouvrage évoqué plus haut, sans oublier Rimbaud (Grandes Biographies / Flammarion 1999).

A l'occasion de la préparation de ces publications, Claude Jeancolas venait fréquemment à Charleville pour consulter la documentation mise à la disposition des chercheurs, que ce soit au musée Rimbaud ou à la Bibliothèque municipale où Gérard Martin savait toujours se montrer disponible.

En février 2000 s'est offert à nous l'occasion d'effectuer un premier voyage en Éthiopie, cela à l'invitation de l'Ambassade de France et dans le contexte de l'inauguration de la "Maison Rimbaud" de Harar, le musée Rimbaud ayant été alors sollicité pour mettre en place une exposition, de belles rencontres se firent alors et notre amitié s'en trouva renforcée.

C'est à ce moment-là que Claude Jeancolas fit la connaissance de Jean-François Deniau qui plus tard lui fit découvrir les bords de la mer Rouge si chers à l'ancien ministre et c'est ainsi que Claude prit l'habitude de se rendre à Djibouti et à Zeilah où il noua à son tour de nombreux contacts, en particulier auprès du centre culturel français.

Cette belle aventure liée à celle de l'Afrique de Rimbaud nous fut contée lors d'une conférence proposée en octobre 2004 à Charleville par Jean-François Deniau et Claude Jeancolas, cela à la veille de l'inauguration de la maison d'Arthur Rimbaud (maison des Ailleurs), cette cérémonie étant alors présidée par l'ancien ministre.
Parallèlement Claude continuait à publier et presque chaque année, au mois d'octobre, paraissaient un ou plusieurs livres, ce fut le cas en 2004 avec Vitalie Rimbaud, pour l'amour d'un fils (Flammarion 2004) puis avec Rimbaud après Rimbaud (Textuel 2004).

Puis une fois passé le cent-cinquantième anniversaire d'autres ouvrages, films et documentaires s'enchaînèrent à nouveau, Claude continuant à mener plusieurs activités de front, tant sur le plan de l'édition de magazines internationaux, ce qui représentait son activité professionnelle, que dans d'autres domaines comme l'histoire de l'art et plus particulièrement la sculpture. Mais c'est vers Arthur Rimbaud que Claude Jeancolas revenait toujours avec d'autres projets de livres ou d'expositions, il en était souvent question lors de nos conversations téléphoniques ou lors de nos rencontres à Paris ou à Charleville.

C'est ainsi que vit le jour l'exposition « Le regard bleu d'Arthur Rimbaud » qui prit toute sa place au musée en octobre 2007, le bel ouvrage l'accompagnant (FVW éditions 2007) s'appuyant lui aussi, pour large partie sur des oeuvres correspondant aux récents enrichissements du musée. Dans cette logique vint ensuite le projet de l'exposition « Rimbaudmania, l'éternité d'une icône » auquel Claude pensait depuis longtemps, les collections du musée et de la bibliothèque de Charleville-Mézières se trouvèrent là aussi très sollicitées, révélant au grand jour et en premier lieu au sein de la Bibliothèque Historique de Paris une documentation rarement montrée. Cette grande exposition fut ensuite montrée à Charleville sur trois espaces, musée Rimbaud, musée de l'Ardenne et médiathèque Voyelles.

Durant la même période, les premières étapes décisives permettant d'aller vers la réalisation du nouveau musée Rimbaud étaient franchies. De ce concept de nouveau musée Rimbaud nous en parlions souvent avec Claude, il en connaissait toutes les difficultés et à tous les stades de ce dossier il n'a pas manqué de prodiguer ses encouragements, persuadé lui aussi que nous ne pouvions pas en rester à la conception du musée telle qu'elle avait été reformulée en 1984, quatre ans après mon arrivée.

En 2011 le Centre français des Études éthiopiennes nous offrit la possibilité de nous rendre à nouveau en Éthiopie, cela à l'occasion d'un colloque Rimbaud que le Centre organisait avec l'aide de Jean- Michel Cornu à l'Université d'Haramaya, soit à quelques dizaines de kilomètres de Harar. Un an plus tôt Jean-Michel Cornu de Lenclos avait réédité Barr-Adjam, ouvrage dont l'auteur est Alfred Bardey  et qui n'avait été publié qu'en 1982 aux presses du CNRS grâce à l'implication de Joseph Tubiana; Claude avait d'emblée accepté de préfacer cette nouvelle édition qui était prête en juin 2010 pour accompagner au musée l'exposition consacrée à « Aden à l'époque d'Arthur Rimbaud », cela avec la présentation exceptionnelle de l'Album Bardey.
Ce voyage en Éthiopie fut aussi pour nous l'occasion de partager de très belles journées et de magnifiques paysages avec Marie-Anne Bardey, petite-fille de Pierre Bardey.

Le 20 octobre 2012, Claude et Marie-Anne étaient de retour à Charleville-Mézières pour répondre à l'invitation du maire Madame Claudine Ledoux qui souhaitait rendre hommage au conservateur de la médiathèque Voyelles Gérard Martin et à celui des musées de la Ville, le premier étant à la retraite depuis 2010 et le second annonçant son départ une fois le musée Rimbaud enfin rénové.
Furent ainsi réunis à cette occasion Marie-Anne Bardey, Jacques Bienvenu, André Guyaux, Claude Jeancolas et Jacqueline Teissier-Rimbaud dont Claude admirait beaucoup le sens de l'action et la ténacité. Il reconnaissait certainement chez l'arrière-petite-nièce de Rimbaud un trait de caractère de Vitalie Rimbaud à laquelle il avait consacré un ouvrage.

En juin 2013, nous fûmes une nouvelle fois conviés à un lointain colloque, cela grâce à la Région Champagne-Ardenne qui avait établi un partenariat avec la région du Sichuan, c'est ainsi qu'à Nanchong nous avons rencontré beaucoup d'étudiants chinois et entendu plusieurs dizaines de communications consacrées au jeune poète de Charleville; ce fut un moment d'une grande intensité; d'humeur enjouée et sachant manier l'humour avec une grande dextérité Claude savait toujours captiver son auditoire, d'une profonde générosité et d'une grande rigueur intellectuelle il savait aussi être à l'écoute de tous et non seulement de ses amis.

Très exigeant avec lui-même Claude savait qu'Arthur Rimbaud avait poussé cette même exigence jusqu'à son paroxysme, il est fort probable que c'est aussi pour mieux cerner les difficultés de cet itinéraire personnel que Claude a fait d'Arthur son "compagnon de route" pendant trente années.

« Parfois, trop faible, je rêve encore que la vague m'emporte et me roule comme mille grains de sable éparpillés sur la plage se confondent à la terre. Parfois oui, épuisé, j'aspire à ce grand sommeil minéral, si loin de tous les bruits du monde.»

Claude Jeancolas / Le don du père / Flammarion 1996


vendredi 3 juin 2016

Prochains articles et informations

Prochain article : « Loin des bruits du monde ». Alain Tourneux parle de Claude Jeancolas qu'il a bien connu.

Informations :

L'entretien avec Jean-Baptiste Baronian est finalisé. Il paraîtra après l'article d'Alain Tourneux.

Pour une critique très approfondie du livre récent qui  réunit l'Album zutique et les Dixains réalistes : voir David Ducoffre.

Le 31 mai, une cérémonie d'apposition d'une plaque en mémoire d'Évariste Galois a eu lieu 16 rue des Bernardins à Paris. Évariste Galois a pu être nommé, non sans raison, le Rimbaud des mathématiques. Le 15 avril 1906, paraissait  dans la revue Mercure de France une étude littéraire intitulée « Le double Rimbaud ». Lorsque cette étude fut  rééditée en 1986, celle-ci se trouvait enrichie de notes préparatoires de l’auteur qui avait  en projet une « dissertation littéraire » et un parallèle entre le poète Arthur Rimbaud et le mathématicien Évariste Galois.

mercredi 25 mai 2016

Rimbaud et Van Gogh à Londres.


Van Gogh à 13 ans.
On pense à la photo de Rimbaud par Carjat


Lors de ma récente visite de l’exposition  Van Gogh en Provence qui se tient en ce moment  à Arles, j’ai eu une petite révélation personnelle. Dans une des salles on projetait un film Yes, Thèse Eyes Are the Windows de Saskia Olde Wolbers. À l’entrée de la salle on expliquait que le film concernait  la demeure où  avait vécu le peintre au 87 Hackford Road à Londres. On pouvait lire que Van Gogh y avait logé en 1873-1874 à l’âge de 19 ans. J’ai pris conscience à ce moment-là que Rimbaud et le peintre hollandais avaient donc résidé à Londres au même moment !

En consultant une bonne chronologie, on peut préciser les dates. En mai 1873, Van Gogh arrive dans la capitale anglaise. Il y est transféré par la succursale de Goupil & Cie. Rimbaud s’y trouve encore avant de partir deux mois plus tard. En 1874, Van Gogh, après être revenu à Paris de fin octobre à décembre, retourne à Londres début janvier jusqu’en mai 1875. Nouvelle présence simultanée du poète et de l’artiste puisque Rimbaud arrive à Londres avec Germain Nouveau en mars 1874. Il loge au 178, Stamford Street. Rimbaud se sépare de Germain Nouveau au bout de quelques mois et reste à Londres jusqu’au 31 juillet.

On a souvent associé le poète maudit et le peintre maudit morts tous les deux à 37 ans. Ainsi, Henry Miller pouvait écrire dans un essai bien connu Le temps des assassins : « Celui dont la tragédie ressemble le plus à Rimbaud est Van Gogh ». On pourrait d’ailleurs faire une belle étude sur ce sujet avec des parallèles saisissants. J’ai voulu simplement insister ici, sur cette coïncidence de la présence à Londres de ces deux artistes géniaux, non remarquée, sauf erreur, à ce jour.


J’ajoute qu’une rencontre entre Arthur et Vincent n’est pas exclue pour plusieurs raisons. Verlaine connaissait le peintre et dessinateur Félix Regamey qui l’avait reçu à Londres avec Rimbaud. Regamey pouvait très bien connaître Adolphe Goupil fameux éditeur d’Art et marchand de tableaux. Les deux poètes qui fréquentaient les expositions et les milieux artistes ont peut-être pu passer un jour à la galerie de Goupil. La même possibilité existe quand Rimbaud était avec Germain Nouveau qui connaissait les peintres. Ce sont de simples hypothèses naturellement.

JB


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