lundi 1 mai 2017

Exposition Isabelle Rimbaud à Charleville, compte rendu par Jacques Bienvenu.(Mis à jour le 5 mai)

Cliquer sur l'image pour lire le texte de l'introduction. DR.

Le musée Rimbaud a eu la lumineuse idée d’organiser une exposition sur Isabelle Rimbaud à l’occasion du centenaire de sa mort. Il est temps que les vaines indignations à l’égard de la soeur de Rimbaud laissent la place à une hauteur de vue  que les critiques n’ont pas toujours eue. Une phrase de Philippe Sollers, signalée à propos sur une affiche de l’exposition, exprime dans une plaisante formulation ce renouveau : « Il y a une femme qui a été tellement décriée que je ne résiste pas au plaisir de faire son éloge : Isabelle Rimbaud. Elle n’a rien compris, mais de ce fait, beaucoup mieux compris que ceux qui ont mal compris. »

Isabelle Rimbaud. Paterne Berrichon 1908.DR.

Oui, il est temps de relire avec le recul nécessaire de l’historien les précieux témoignages qu’elle nous a donnés sur son frère. Par exemple, sa correspondance avec Paterne Berrichon assez mal connue est un document irremplaçable. L’exposition du musée Rimbaud présente  une imposante  série de documents accompagnée par plus d’une vingtaine d’affiches très bien documentées qui nous décrivent notamment tous ceux qui ont eu un lien avec la soeur du poète : Paterne Berrichon bien sûr, mais aussi Georges Izambard, Louis Pierquin, Chales Houin, Paul Claudel, etc.



Les organisatrices de l’exposition, (voir la seconde photographie dans notre précédent article)  ne se sont pas contentées d’utiliser le fonds du musée Rimbaud mais celui très peu connu du musée de l’Hospice Saint-Roch à Issoudun, ville natale de Paterne Berrichon. De ce fait, on y observe des portraits très peu connus du public.

Léon Rimbaud à 18 ans. Paterne Berrichon 1908. Musée
de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun. Photo.JB..DR.

Paterne Berrichon. Musée  de l'Hospice Saint-Roch à Issoudun.
  Photo JB. DR.

Une vitrine de l'exposition. Musée Rimbaud.DR. Photo JB.

Le seul regret est l’absence d’un catalogue qui aurait été justifié pour cette exposition si riche qui est un vrai évènement rimbaldien. Elle est visible jusqu’au 8 octobre 2017.

Mise à jour du 5 mai La lettre du 4 juillet 1891 d’Isabelle Rimbaud à son frère Arthur, adressée de Roche à l’Hôpital de la Conception à Marseille, a été vendue au prix de 46368 euros lors de la vente de la bibliothèque Jean A.Bonna du 26 avril 2017 à Paris.

dimanche 16 avril 2017

Dimanche de Pâques, 13 avril 1873


Chapelle de Méry. François Munier. DR.

Aujourd’hui dimanche 16 avril, pour les catholiques, c’est le jour de la résurrection du Christ. Contrairement à sa date de sa naissance, celle de sa résurrection change tous les ans.
Rimbaud, qui revenait de Londres, est arrivée à Roche le 11 avril 1873 pour le Vendredi saint. La famille Rimbaud était alors au complet : Madame Rimbaud, Isabelle, Frédéric, Arthur, et Vitalie qui raconte dans son journal que la famille s’est rendue à la messe le dimanche 13 avril 1873 dans la chapelle de Méry près de Roche. 
Rimbaud a daté sa Saison en enfer : "avril-août 1873". Il n’y a pas de raisons de douter que la rédaction du chef-d’œuvre ait commencé après les fêtes pascales. La relation complexe que Rimbaud entretient avec le Christ est au cœur de la Saison en enfer, il convient de le rappeler.


samedi 8 avril 2017

Inauguration de l'exposition "Isabelle Rimbaud, de l'ombre à la lumière" : deux photographies

                                                 Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Photo musée Rimbaud. DR.
                                                
En attendant de donner un compte rendu de l’exposition consacrée à Isabelle Rimbaud, je publie  deux photos du jour de l’inauguration. Sur la première on peut voir le maire de Charleville, Boris Ravignon au micro. Bras croisés à côté du maire, Laetitia Dehoul. On aperçoit au fond Alain Tourneux et devant lui Jacqueline Tessier-Rimbaud. Je suis à gauche  avec un blouson bleu les bras croisés. J’ai été sensible au fait d’avoir été cité par le maire lors de son allocution.

                                                Cliquer sur la photo pour l'agrandir
Photo Jacques Bienvenu. DR.

Sur la seconde photographie on observe de gauche à droite Mme Lucille Pennel directrice du musée Rimbaud et Mme Laetitia Dehoul médiatrice culturelle. Les deux jeunes femmes ont partagé la conception et la réalisation de l’exposition.

dimanche 2 avril 2017

Retour de l'exposition "Isabelle Rimbaud, de l'ombre à la lumière"


                                          Portrait d'Isabelle Rimbaud par Paterne Berrichon.
                                          Photo Jacques Bienvenu. Musée Rimbaud. DR.


J’étais hier à l’inauguration de la très belle exposition : « Isabelle Rimbaud, de l'ombre à la lumière » qui s’est déroulée au musée Rimbaud de Charleville. Je donnerai prochainement un compte rendu de cet évènement rimbaldien.

JB

Mise à jour 3 avril :    
 

vendredi 24 mars 2017

Compte rendu du colloque "Les saisons de Rimbaud", par Jacques Bienvenu

Jacques Bienvenu, Romain Jalabert, Andrea Schellino, Michel Murat. DR.

Le colloque « Les saisons de Rimbaud » qui s’est déroulé les 16 et 17 mars à la Maison de la recherche à Paris a été pour les rimbaldiens, à plus d’un titre, un événement considérable.

Michel Murat, dans une belle introduction de cette manifestation, posait la question de savoir s’il serait possible, après tant d’études, publications, de commentaires, de trouver encore du nouveau sur Rimbaud. Les  deux jours que nous avons vécus à Paris marquent précisément, à mon sens, un nouveau départ de la critique rimbaldienne. 

Michel Murat. DR.

La première originalité de ce colloque est d’avoir donné la parole à des non-universitaires. Pour commencer, on citera Alain Tourneux. Après trente-cinq années passées au musée Rimbaud, il est le nouveau président des Amis de Rimbaud et aussi le directeur de la revue Rimbaud vivant qui renait de ses cendres et qui sera, nous l’espérons, l’organe de ce renouveau critique. J’appelle les chercheurs à y participer. Jean-Baptiste Baronian, maître d’œuvre du Dictionnaire Rimbaud, mais aussi écrivain, a donné l’une des communications les plus riches du colloque. Pour ma part, je me suis exprimé dans une intervention sur un témoin du poète. 

La seconde originalité de cette manifestation est d’avoir invité des universitaires qui ne sont pas des spécialistes de Rimbaud. Dans cet ordre d’idées, on retiendra la prestigieuse intervention d’Antoine Compagnon professeur au Collège de France. Eric Marty, spécialiste de Proust, a pu développer des idées originales sur le poète des illuminations.Toujours pour les non-spécialistes, Didier Alexandre a analysé les possibilités de recherches numériques de la Bibliothèque nationale qui montrent notamment la croissance constante des publications rimbaldiennes au fil du temps.

David Ducoffre. DR.

À présent, il faut parler des nouveaux spécialistes de Rimbaud. Peut-on parler d’une relève ? Les jeunes chercheurs pourront-ils apporter autant que les « vieux de la vielle » ? Eh bien, on en est convaincu quand on a écouté les communications de Romain Jalabert, Andréa Schellino, Aurélia Cervoni qui ont su, images à l’appui, analyser des documents et en tirer de fascinantes conclusions. Parmi les jeunes, il faudra compter avec Adrien Cavallaro qui est un vrai spécialiste de Rimbaud et dont la communication nous a séduits. David Ducoffre, qui a publié de nombreux articles sur ce blog, a fait une intervention sur l’Album zutique dont il est incontestablement le meilleur connaisseur actuel. Parmi « les vieux de la vieille », il faut citer  Yves Reboul qui a su replacer Rimbaud dans son temps et les organisateurs du colloque qui ont  présidé leurs séances et qui ont animé les débats nombreux et riches. On a beaucoup apprécié la présence et la communication de Jean-Luc Steinmetz, personnage considérable de la recherche rimbaldienne.

Dominique Combe, Jean-Luc Steinmetz, Olivier Bivort. DR.

Enfin, il faut signaler la parfaite organisation, l’absence d’incident même minime, la grande courtoisie des intervenants. Toutes les communications ont été de qualité et il faudrait citer ici l’ensemble des participants. On comprendra  que la manifestation « Les saisons de Rimbaud » est une réussite remarquable. Il faut en remercier les quatre organisateurs, Olivier Bivort, André Guyaux, Michel Murat et Yoshikazu Nakaji qui ont su mener  à bien ce projet. Des actes seront publiés et on mesurera à ce moment l’importance des « saisons de Rimbaud ».

Fin de séance. DR.

Note concernant Alain Tourneux :  la presse rend compte en ce moment du rôle qu’il a joué pour l’achat de la maison de Roche par Patti Smith. Précisons que cette maison n’est pas celle de Madame Rimbaud dont il ne reste qu’un mur. Voir par exemple sur le site observer : « The president of the International Association of Friends of Arthur Rimbaud, Alain Tourneux, personally contacted Smith, knowing she might be interested in maintaining the historic house, Artnet said. »

dimanche 19 mars 2017

Du nouveau sur Rimbaud ? par Michel Murat

Trois au moins des organisateurs du colloque « Les saisons de Rimbaud » peuvent se reconnaître dans cette expression de l’Album Zutique : « les vieux de la vieille ». Au moment d’ouvrir une saison nouvelle, il faut bien que l’un d’eux se penche sur la période d’une trentaine d’années qui vient de s’écouler. Qu’y a-t-il eu de nouveau sur Rimbaud, et que peut-on encore attendre de nouveau, « idées et formes » ?

1. Edition
L’édition de la Pléiade par André Guyaux, annoncée depuis longtemps, a paru en 2009. Elle a donné lieu au moment de sa parution à une polémique qui, avec le recul du temps, semble assez vaine. Il est clair maintenant qu’elle marque un point d’équilibre, et qu’elle s’est imposée comme édition de référence : retour à la tradition éditoriale, sûreté de l’information, modestie du commentaire. Elle a en outre l’avantage – grâce aux contraintes imposées par l’éditeur ? – d’offrir un volume maniable.
Cette édition s’est imposée d’autant plus nettement que la publication des Œuvres complètes par Steve Murphy chez Champion s’est arrêtée au milieu du gué, après la parution du remarquable volume des Poésies en édition pluriversionnelle, complétée par un volume de fac-similés. Il manque encore les pièces maîtresses que sont la Saison et les Illuminations : on ne peut que former des vœux pour que l’entreprise soit menée à bien.

2. Erudition
L’érudition rimbaldienne a de beaux jours derrière elle, et on est en droit de penser qu’elle a aussi de beaux jours devant elle. Ses domaines privilégiés sont connus. Il s’agit en particulier de la formation scolaire de Rimbaud, encore trop peu explorée ; des témoins et des « amis », sur lesquels nous savons souvent peu de chose (ainsi Izambard, Demeny, Forain) ; des poètes « modernes », petits parnassiens et autres, dont l’œuvre reste à lire ; des exilés de la Commune que Rimbaud et Verlaine ont fréquentés à Londres. Les travaux récents de Jacques Bienvenu sur Maurice Bouchor, de David Ducoffre sur Amédée Pommier, montrent que le champ est loin d’être épuisé.
Cependant la plupart de ces trouvailles concernent Rimbaud dans son rôle de « diable au milieu des docteurs », à la fois en pleine littérature et quelque peu en marge de celle-ci. C’est pourquoi la découverte majeure de cette période reste la version de « Mémoire » intitulée « Famille maudite » et placée sous le signe d’Edgar Poe – une référence rarement avancée et dont l’importance n’échappe à personne. Elle montre, sans qu’on puisse présumer de l’avenir, que les collections privées n’ont sans doute pas encore livré tous leurs secrets.

3. Le débat critique
Pendant une longue période le débat a été dominé par la querelle entre partisans de ce qu’on peut appeler une approche internaliste, esthétique et textuelle, et ceux d’une approche externaliste, idéologique et politique. Les deux, strictement entendues, ont montré leurs limites ; on a constaté en particulier, ce qui était prévisible, que la pertinence de l’approche idéologique s’affaiblissait après 1872, et qu’elle était impuissante à fournir pour les Illuminations la clé d’une lecture systématique. De part et d’autre, il semble que les arguments les plus recevables aient été entendus ; on le constate dans l’édition de la Pléiade par André Guyaux, ou dans les travaux récents de Yoshikazu Nakaji sur Une saison en enfer.
Il est d’autre part remarquable que les œuvres de Rimbaud et de Verlaine, longtemps considérées isolément, soient maintenant comprises ensemble, et que les rapports entre les œuvres de 1872, les copies réciproques, ainsi que les poèmes plus tardifs de Verlaine soient en quelque sorte incorporés au corpus rimbaldien. Les travaux d’Olivier Bivort y ont grandement contribué, et la parution toute récente d’un volume de la collection Quarto réunissant les deux auteurs en un « concert d’enfers » apporte à cette idée une consécration publique.
En revanche le livre d’Eddy Breuil, Du Nouveau chez Rimbaud (Champion, 2014), n’a donné lieu à aucun débat, alors que les médias ont accueilli avec gourmandise cette thèse révisionniste, qui attribue à Germain Nouveau des Illuminations dont Rimbaud n’aurait été que le copiste. Un sociologue mal intentionné dirait sans doute que les rimbaldiens n’ont pas voulu ruiner leur fond de commerce. Mais en réalité le livre, qui repose sur une pratique systématique du soupçon, fait bon marché non seulement du silence de Nouveau, mais de la parole de Verlaine – en dépit de ses imprécisions ; et surtout les rimbaldiens, en tant que lecteurs, sont convaincus à la fois de la solidarité profonde entre les membres du poète, si disjoints soient-ils, et de l’incapacité de l’auteur des Valentines à écrire des textes comme « Barbare » ou « Génie ». Ils ont considéré, sans preuve mais avec raison, que jamais Breton ou Gracq, qui connaissaient et aimaient les deux poètes, n’auraient donné dans ce panneau ; et ils n’ont pas jugé qu’une réfutation fût nécessaire.

4. Les saisons
Selon les moments, l’intérêt des chercheurs s’est porté tantôt sur l’une, tantôt sur l’autre des pièces majeures de l’œuvre. Les Poésies et Une saison en enfer ont bénéficié du programme d’agrégation (2010). Cette circonstance a été surtout favorable pour la Saison, car l’intérêt pour les Poésies avait été nourri par les apports de l’érudition, et par les discussions sur l’engagement communard. Yoshikazu Nakaji a eu l’occasion de revenir sur son livre de 1987 et d’y apporter des compléments importants : ses travaux font toujours référence ; ceux de Yann Frémy, malgré leur intérêt, n’ont pas apporté de renouvellement décisif.
En revanche les Illuminations sont un peu délaissées, après avoir été longtemps au centre de l’attention avec les livres d’André Guyaux, puis de Sergio Sacchi, et les analyses que je leur consacre dans L’Art de Rimbaud. André Guyaux y voit – ceci dit grossièrement – une suite de fragments, alors que mon point de vue est qu’il s’agit d’un recueil (inabouti) de poèmes en prose ; cette divergence a sans doute été constatée, mais elle n’a donné lieu à aucun débat. Quoi qu’il en soit l’approche générique semble atteindre ses limites, de même que l’autotextualité sur laquelle Steve Murphy avait attiré l’attention ; mais nous sommes encore loin de comprendre cette œuvre extraordinaire.

5. Dictionnaires
La mise en chantier de dictionnaires Rimbaud signifie-t-elle que la recherche n’a plus grand chose à apporter, et que l’heure de la synthèse est venue ? On peut sans doute regretter qu’il y ait deux dictionnaires concurrents, celui de Bouquins, dirigé par Jean-Baptiste Baronian, et celui qu’Alain Vaillant prépare pour Garnier. Il y aura des doublons ; mais on pourra aussi corriger l’un par l’autre. Les dictionnaires, grâce à leur caractère systématique, permettent de combler des lacunes ; ils donnent aussi l’occasion aux meilleurs spécialistes (Guyaux, Bivort, Nakaji pour Bouquins) de faire sérieusement l’état d’une question. C’est plus qu’utile, et il est bon  – me suis-je toujours dit – que d’autres s’en chargent.


6. Un mot suffit pour conclure : « Départ dans l’affection et le bruit neufs ! »

samedi 18 mars 2017

Retour de colloque (Samedi 1H 48). Mis à jour le 19 mars.


Jacques Bienvenu (debout), Andrea Schellino, Romain Jalabert, Michel Murat.
 Photo JB. B.

J’arrive à l’instant à Marseille après un trajet plus long que prévu. J’ai passé à Paris deux jours larges comme disait Flaubert. Je tiens à dire tout de suite que ce colloque est une complète réussite et qu’il marque le renouveau de la critique rimbaldienne. Je donnerai dimanche soir un compte rendu et d’autres images.

Mise à jour du 19 mars : Le compte rendu que je désire soigné ne pourra être publié ce jour mais prochainement.

mercredi 1 mars 2017

Colloque "Les Saisons de Rimbaud" - 16-17 mars 2017 (mis à jour le 10 mars)

Voici le programme complet du colloque. Ma communication : Philippe Burty, témoin mal connu de Rimbaud aura lieu le jeudi 16 mars à 12H.


Il faut préciser à ce programme : jeudi 16 mars 12H30 et 18H : débat et pause et vendredi 17 mars 12H 30 : débat et pause.

André Guyaux, qui est l'un des quatre organisateurs du colloque, sera au musée de l'Ardenne à charleville le 20 mars à 18H 30 avec l'équipe du journal Le Monde qui a réalisé le le numéro Hors-Série historique du Monde dont nous avons parlé recemment.

mardi 28 février 2017

Nouvel et très brillant article d’André Gunthert sur les images de Proust et Rimbaud révélées par la presse.


Je suis stupéfait de la puissance d’analyse d’André Gunthert et par sa rapidité à intégrer tous les problèmes. Il faut consulter cet article intitulé : L’effet « Blow up » qui est à mon sens historique !

mardi 21 février 2017

Proust et Rimbaud sur le blog d'André Gunthert (mis à jour le 27 février)

À voir absolument sur le blog d'André Gunthert un remarquable article qui relie l'image présumée de Proust révélée dans un film d'archives et la photographie du Coin de table à Aden.

On peut y lire ceci : « Comme dans l’affaire Rimbaud, récemment close par un numéro hors-série du Monde du 25 janvier 2017, qui qualifie de «supercherie» les identifications du poète, un air de famille et le désir de voir constituent les principaux aliments du fantasme. »

De façon à ne pas créer de confusion, je viens de poster ce message sur le blog d'André Gunthert :

On ne peut pas vraiment comparer l’image qui avait été donnée de Rimbaud et ce film proposant de voir Proust. « Le Coin de table à Aden » donnait une nouvelle pièce iconographique, inconnue et assez dépréciative. Cette image de Proust ne change rien à l’iconographie proustienne. Par ailleurs, la publication du film me semble totalement désintéressée et proposée par des gens compétents qui ont donné des arguments sérieux. Pour ma part, bon public, j’étais très content de voir ce film. Néanmoins, André Gunthert a raison de poser des questions. Cette image de Proust n’a aucune raison de créer une polémique, mais elle peut susciter un débat passionnant.

Signalons la très bonne tenue du débat sur l’image de Proust que l’on peut voir sur ce lien.

L'argument majeur qui contredit la présence de Proust dans le film est la grosse moustache de Proust 3 mois avant le mariage. D'autres images de Proust et de sa moustache de 1902 à 1905 sont présentées dans le lien indiqué ci-dessus.

Proust en août 1904. Album Proust. DR.

On reconnaît sa silhouette svelte, sa moustache noire, petite à l’époque, l’ovale parfait de son visage d’ivoire écrit  dans son article  Jean-Pierre Sirois-TrahanÀ cela s'ajoute le fait que la correspondance de Proust au moment du mariage le montre très malade, constamment alité. On a du mal à croire qu'il puisse descendre des escaliers aussi rapidement.

vendredi 17 février 2017

André Guyaux et Alain Tourneux photographiés sous les bananiers lors de leur tournée en Asie.


André Guyaux bras croisés et Alain Tourneux. Vientiane 1er février.DR.

André Guyaux et Alain Tourneux ont terminé une tournée de conférences en Asie. Lundi 30 janvier 2017 a marqué le début de la tournée intitulée « Le mythe Rimbaud » dans la zone Asie-Pacifique. Je reçois cette photographie du nouveau président de l’Association des amis de Rimbaud et de l’éditeur de Rimbaud dans la prestigieuse Pléiade. C’est un cliché symbolique, d’autant plus qu’il est un clin d’oeil à la fameuse photographie de Rimbaud dans un jardin de bananes prise à Harar. Observons qu’André Guyaux a comme le poète voyageur les bras croisés… 

Rimbaud dans un jardin de bananes.BN. DR.

samedi 11 février 2017

Les phylactères de Rimbaud. (Mis à jour le 14 février)


BN.DR.

La presse a longuement parlé de la bande dessinée de Rimbaud. C’est un fait que des phylactères ou bulles de texte apparaissent dans ses dessins. C’est assez étonnant en 1865. En général, on parle de la fin du 19ème siècle pour les premiers phylactères des bandes dessinées. 
Où Rimbaud a-t-il rencontré des images avec des bulles de textes ? Les a-t-il inventés à partir d’anciennes représentations d’enluminures dont il était si friand ?

Extrait des dessins qui sont à présent au Musée Rimbaud.

Monsieur Alain De Vos me communique un dessin que je verse à ce dossier :


Reproduction BN. Michel Ragon. DR.

Caricature de Napoléon malade et demandant à Cambacérès « Cher cousin, comment trouvez-vous mon état ? – Sire, il ne peut pas durer, Votre Majesté a une trop mauvaise constitution. » Datation du dessin sous Les Cents Jours. Source : Le dessin d’humour, Histoire de la caricature et du dessin humoristique en France, Michel Ragon.

Voici une autre caricature avec phylactères concernant Napoléon I, mais curieusement je n'en trouve pas dans les journaux des années 1870.


BN.DR.

samedi 4 février 2017

Les quatre lots Rimbaud de la vente Sotheby’s du 8 février. (Mis à jour le 9 février)

Le 8 février 2017 ont été mis en vente chez Sotheby's quatre documents exceptionnels concernant Rimbaud. On peut  consulter la description des lots et les résultats de la vente  dans le catalogue en ligneLes dessins de Rimbaud ont été préemptés avec succès par le Musée Rimbaud de Charleville. La stratégie de discrétion qui n’avait pas été employée pour l’achat du révolver de Verlaine a été plus efficace et il faut s’en réjouir, d’autant plus que les dessins complètent un ensemble possédé par le Musée. En effet, les dessins proviennent d’un cahier de brouillons qui fut un temps appelé Cahier des dix ans et dont n’ont survécu que 8 feuillets. Étant donné que les textes correspondent au programme scolaire du dernier trimestre de la classe de sixième, on a pu dater le cahier de 1865, alors que Rimbaud avait dix ans et demi (Œuvres complètes, Pléiade, p. 1006). Sans que l’on sache s’ils sont exactement contemporains du reste du cahier, les dessins figuraient sur le dernier des 8 feuillets. Le cahier appartint à Jacques Guérin. À sa vente, les feuillets manuscrits furent vendus au Musée-bibliothèque Arthur-Rimbaud de Charleville-Mézières (vente VII, 20 mai 1992, lot 93), tandis que la feuille de dessins, qui avait été séparée par le collectionneur, a été présentée aux enchères plus tard (28 mars 2007, vente où l’ancien propriétaire en fit l’acquisition). Ces dessins ne furent publiés que tardivement, entre 1956 et 1998. Ces dessins seront exposés au Musée à partir du mois d’avril. Nous adressons nos félicitations à l’équipe du Musée Rimbaud et  particulièrement à la directrice du Musée, Madame Lucille Pennel, pour cette brillante négociation. 

Sur un des dessins on peut lire : «Tin toi d'un min» (« tiens-toi d'une main»)

Rimbaud connaissait bien sûr le patois ardennais. Il était aussi un latiniste extraordinaire. Sans le latin il n’aurait pas été l’un des plus grands poètes de langue française. Ceci renvoie, comme la traduction du reçu en amharique, à la merveilleuse exposition du Mucem à Marseille, dont j’ai parlé récemment

De nombreux articles de presse ont  parlé de cette vente. 






mercredi 1 février 2017

Conférence Rimbaud à l'institut français du Laos le jeudi 2 février 2017



A l’occasion de la venue de deux éminents spécialistes de Rimbaud : Alain Tourneux, ancien conservateur du musée Rimbaud de Charleville Mézières et André Guyaux, professeur de littérature française (XIX e siècle) à l’université Paris-Sorbonne.

Source de l'information : Institut français du Laos.

lundi 30 janvier 2017

Rimbaud et Babel, par Jacques Bienvenu. (Mis à jour le 30 janvier)


Photo JB. Dimanche 29 janvier. DR.

Je réservais la traduction.
Arthur Rimbaud, Alchimie du verbe.

Je viens de voir la remarquable exposition Après Babel, traduire qui se trouve en ce moment au MUCEM à Marseille. Le thème de la traduction y est traité de manière géniale.

Rimbaud aurait pu figurer dans cette exposition à plus d’un titre : lui, le latiniste virtuose, recopiant des mots anglais, espagnols et allemands quand il était poète et qui disait après avoir quitté l’Europe : « Je perds le goût pour le climat et les manières de vivre et même la langue de l'Europe. Hélas ! À quoi servent ces allées et venues, et ces fatigues, et ces aventures chez des races étranges, et ces langues dont on se remplit la mémoire. »

Voici quelques images de cette exposition où le lecteur verra d'autres liens qui peuvent être faits avec le poète.


Enluminures, illuminations. Photo JB.DR


Je est un autre. Photo JB. DR


Poe, Baudelaire, Mallarmé. Photo JB. DR.

J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs. 

Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de mœurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements. 





vendredi 27 janvier 2017

La photographie d'Aden classée comme supercherie dans le Monde Hors-Série du 25 janvier 2017


Le Monde. DR.


Le Monde Hors-Série du 25 janvier publie un important dossier de 122 pages consacré à Rimbaud : Arthur Rimbaud le génial réfractaire. Il comporte différentes sections intitulées notamment : Textes Choisis, Entretien, Débats, Hommages. Le tout agrémenté  de nombreuses illustrations et même d'un lexique. 

Dans la section Débats un article attire notre attention : il est intitulé Images et supercheries. Il est signé par Monsieur Amaury da Cunha, diplômé de l'École Nationale Supérieure de la photographie. Il a écrit de nombreux textes critiques sur la photographie et la littérature. Il évoque  dans son article l'iconographie rimbaldienne et le coup de théâtre de 2010 provoqué par la publication d'une photographie censée représenter Rimbaud à Aden en 1880. Elle  avait été  retrouvée par deux libraires. 

Monsieur da Cunha revient sur la polémique bien connue qui a suivi cette publication. Il précise, en citant l'auteur d'un livre, que cette image ne faisait que renforcer la légende rimbaldienne. Puis il poursuit :

 « Cela étant, la légende est démentie catégoriquement par le spécialiste Jacques Bienvenu, qui a identifié avec Daniel Courtial, deux personnages sur la photo, ce qui exclue la présence de Rimbaud sur le cliché. »  

Le lecteur est invité à lire une légende qui explique l’impossibilité pour Rimbaud de figurer sur la photographie : 


Le Monde. DR.

C’est la première fois que, dans un grand média, cette photographie est remise clairement à sa place. On se contentait, en général, de publier la photo en signalant, parfois discrètement, qu’elle était l’objet de discussions. Nous ne cachons pas notre satisfaction car nous étions profondément  engagés dans ce débat. Le lecteur peut parcourir notre blog pour s’en convaincre et consulter notre article décisif du monde.fr publié en... 2011.


Jacques Bienvenu

mercredi 25 janvier 2017

Le Président et la photographie de Rimbaud.



Le 20 janvier, un jour avant la conférence que je viens de donner à la Société des Poètes Français, le Président Hollande effectuait une visite au musée Rimbaud. On le voit sur la photographie prise à cette occasion dans la salle réservée aux manuscrits précieux. On observe qu’il est à côté de la photographie Carjat de Rimbaud bien visible derrière la vitre. C’est la photographie que j’avais retrouvée et qui avait fait l’objet d’une donation par la fondation Catherine Gide. J’avais expliqué que cette photographie est la meilleure reproduction connue de ce cliché Carjat, lors de la conférence que j’avais donnée en 2015 à la médiathèque Voyelles de Charleville. Elle est conforme à la photographie de l’original qui se trouve depuis peu à la Bibliothèque nationale. De plus, elle comporte au dos une attestation d’Isabelle Rimbaud ce qui en fait l’un des documents les plus prestigieux du Musée Rimbaud.


Le texte qui mentionne mon travail de recherche n’est pas visible car il se trouve juste en bas de l’endroit où la photographie est exposée.




lundi 23 janvier 2017

Succès pour la conférence "Rimbaud au Coin de table"





Salle comble à la Société des Poètes Français pour une conférence qui annonce le renouveau de l'Association des amis de Rimbaud qu'Alain Tourneux est en train de réaliser. La présence d'André Guyaux et d'Aurélia Cervoni, maîtres d'oeuvre de la Pléiade Rimbaud, a été remarquée. Pierre Brunel grippé s'est excusé pour son absence. Louis Forestier en déplacement à Tours a tenu à me faire savoir qu'il regrettait de ne pouvoir venir. Je donnerai prochainement des indications sur les recherches que j'ai effectuées pour la préparation de cette conférence.

samedi 7 janvier 2017

Conférence : "Rimbaud au Coin de table", par Jacques Bienvenu (mis à jour le 18 janvier)



Coin de table. DR.

À la faveur de l’exposition Fantin-Latour. À fleur de peau au musée du Luxembourg, l’Association des amis de Rimbaud et son nouveau président Alain Tourneux organisent, le samedi 21 janvier à 16H 30, la conférence « Rimbaud au Coin de table » par Jacques Bienvenu.

                   16 rue Monsieur le Prince, 75006 Paris à La Société des Poètes Français.


Sujet : Histoire et préhistoire du tableau Coin de table de Fantin Latour. Présentation des personnages, leurs liens avec l’aventure rimbaldienne.

Nombre de places limité.

Mise à jour du 18 janvier

La conférence est destinée en priorité aux membres de l'association des amis de Rimbaud. Néanmoins les non-membres sont acceptés dans la mesure des places disponibles. Il n'y a pas de réservation possible pour cette conférence.