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samedi 6 février 2021

Mise au point sur la photographie mythique de Rimbaud (mis à jour le 7 février)

Dans le documentaire de France 5 que l’on peut revoir, on a présenté une photographie de Rimbaud par Carjat, la plus connue. Il convient de faire une mise au point sur cette question où je pense pouvoir donner des informations utiles.


On ne possède pas l'original de la photographie mythique mais seulement des reproductions.


Voici celle qui a été présentée au cours du documentaire et qui appartient au musée Rimbaud :


DR.

Elle aurait appartenu à Jean Cocteau

Une autre reproduction remarquable se trouve aussi au musée Rimbaud :


DR.


elle porte au dos une attestation d’Isabelle Rimbaud :


DR.

Cette attestation prouve qu’elle a été faite avant la divulgation de ce portrait en 1922 par Berrichon. La soeur de Rimbaud l’avait offerte à Madame Théo Van Rysselberghe dont la fille avait eu un enfant avec André Gide. Ceci explique qu’elle faisait partie des archives de l’auteur de Paludes. La fondation Catherine Gide l’a offerte au musée Rimbaud en 2013 suite à mes recherches. Nous verrons qu’à défaut de l’original c’est la meilleure reproduction connue de la photographie mythique.


Un document capital trouvé dans les archives de Paul Claudel permet de progresser dans la connaissance du visage de Rimbaud. Il s’agit d’une photographie de l’original qui se trouve à la BNF depuis 2015 :


Photo JB. DR.

On aperçoit en bas l’estampille Carjat. À défaut de l’original on a donc une image qui est une référence. On constate que Berrichon n’a pas trop retouché l’image de Rimbaud dans l’édition de 1922, contrairement aux autres photographies qui y figuraient.


Voici l’image que l’on peut obtenir à partir de la reproduction précédente :


DR.


On peut donc à présent faire des comparaisons :


                                      Claudel                                Gide                                          Gid

Dans la photo Gid, une partie de la manche droite du veston est coupée et des taches notamment sur le sourcil gauche apparaissent. La reproduction la plus fidèle à l’original est celle de la fondation Gide.


Mise à jour du 7 février : On peut voir de larges extraits inédits de la conférence « Le mystère des visages de Rimbaud » que j’ai donnée le 20 octobre 2015 à Charleville. Il faut rectifier 1868 en 1866 pour la date que je donne de la photo de première communion.






mercredi 9 septembre 2020

L'autre Rimbaud


David Le Bailly vient de publier un livre intitulé « L’autre Rimbaud » qui raconte l’histoire de Frédéric Rimbaud frère du poète (ne pas confondre avec Frédéric Rimbaud le père). Ce qu’on peut d’abord reprocher au livre c’est de mélanger les genres. Le Bailly nous dit que son livre est un roman, mais il le présente comme une biographie. Il précise qu’il a consulté des archives et trouvé des informations inédites, mais il n’y a aucun appareil critique de sorte qu’on ne sait pas si certains éléments dont il parle sont des hypothèses ou le fruit d’une recherche personnelle. Par exemple : Frédéric Rimbaud a-t-il reçu un courrier de son père qui lui aurait demandé des nouvelles de ses frères et sœurs ? Est-il allé voir Verlaine à Coulommes qui lui aurait offert un exemplaire des « Poètes maudits » ? Ces informations seraient précieuses si elles s’avéraient exactes. Le Bailly reproche aux biographes de Rimbaud quand ils parlent de Frédéric des « éléments non vérifiés, des incohérences, des racontars, des souvenirs brumeux ; peu de documents écrits, de pièces en bonne et due forme ». Il va même plus loin dans sa critique : il y voit « un mépris de classe, le dédain des savants de la Sorbonne pour la vie de l’autre Rimbaud, vu comme un moins que rien, un rebut social ». 

Mais, Le Bailly se montre-t-il plus sérieux dans son livre que les biographes qu’il critique ? C’est déjà un problème car il fait des erreurs qui sont patentes. L’auteur rappelle que la photo de la première communion, en couverture du livre et à laquelle il attache une importance primordiale, avait été falsifiée et il précise qu’Isabelle avait signé son crime en écrivant : « je certifie que ce portrait est bien celui de mon frère à l’âge de 11ans. ». Portrait qui venait de la donation André Gide en 2012 au musée Rimbaud et qui faisait suite à des recherches qui m’avaient conduit sur les traces de deux photos Carjat. Le Bailly écrit sur la photographie d’Arthur à la fin de son ouvrage qu’elle a été retouchée par Isabelle en 1910. Or c’est une erreur. C’est Paterne Berrichon qui est à l’origine de la retouche. Voici une autre erreur : Le Bailly écrit qu’Isabelle a supprimé dans la correspondance publiée par Berrichon tous les passages concernant Frédéric. Or ce n’est pas Isabelle mais Berrichon qui a caviardé les lettres. De plus, il est inexact de dire que Frédéric a été supprimé de toutes les lettres. Ainsi dans celle du 15 février 1881 Rimbaud écrit une information importante : « À propos, comment n’avez-vous pas retrouvé le dictionnaire arabe ? Il doit être à la maison cependant. Dites à Frédéric de chercher dans les papiers arabes un cahier intitulé : Plaisanteries, jeux de mots, etc.,en arabe, et il doit y avoir aussi une collection de dialogues, de chansons, ou je ne sais quoi , utile à ceux qui apprennent la langue. S’il y a un ouvrage en arabe envoyez ». Il se trouve en plus que cette lettre est d’actualité car le 20 septembre une exposition à l’institut du monde arabe expose un Coran, dont on avait perdu la trace, ayant appartenu à Rimbaud.

Coran ayant appartenu à Rimbaud. DR IMA.

C’est donc une situation irritante de ne pas savoir à quoi s’en tenir avec les anecdotes de Le Bailly. Cela dit, le récit est intéressant et l’idée était bonne de faire un livre sur le frère de Rimbaud. Il permet de mieux comprendre l’évolution des relations de Frédéric avec sa famille. De notre point de vue, l’auteur aurait mieux fait d'écrire une biographie en précisant ses sources et en indiquant ses hypothèses ou ses certitudes. On peut ajouter que pour les rimbaldiens il est utile car il fait réfléchir.
L’auteur donne tout de même des indications bibliographiques, en particulier il précise que son ouvrage n’aurait pas pu voir le jour sans le travail de Jean-Jacques Lefrère. Il mentionne ainsi une douzaine de références dont notre blog.

Voir une autre critique du livre dans l’article de Frédéric Martel : Un automne avec Rimbaud

mercredi 25 janvier 2017

Le Président et la photographie de Rimbaud.



Le 20 janvier, un jour avant la conférence que je viens de donner à la Société des Poètes Français, le Président Hollande effectuait une visite au musée Rimbaud. On le voit sur la photographie prise à cette occasion dans la salle réservée aux manuscrits précieux. On observe qu’il est à côté de la photographie Carjat de Rimbaud bien visible derrière la vitre. C’est la photographie que j’avais retrouvée et qui avait fait l’objet d’une donation par la fondation Catherine Gide. J’avais expliqué que cette photographie est la meilleure reproduction connue de ce cliché Carjat, lors de la conférence que j’avais donnée en 2015 à la médiathèque Voyelles de Charleville. Elle est conforme à la photographie de l’original qui se trouve depuis peu à la Bibliothèque nationale. De plus, elle comporte au dos une attestation d’Isabelle Rimbaud ce qui en fait l’un des documents les plus prestigieux du Musée Rimbaud.


Le texte qui mentionne mon travail de recherche n’est pas visible car il se trouve juste en bas de l’endroit où la photographie est exposée.




dimanche 13 novembre 2016

Musée Rimbaud : Actualités (mis à jour le 4 janvier).


La photographie Carjat de Rimbaud, que j’avais retrouvée, vient d’être exposée à nouveau au Musée Rimbaud après avoir été montrée une première fois au moment de l'inauguration de 2015. Elle comporte au dos une attestation d’Isabelle Rimbaud qui fait de ce document une pièce unique. J’ai expliqué lors de la conférence que j’ai donnée l’an dernier à la médiathèque Voyelles que cette photographie est la meilleure reproduction connue de ce cliché de Carjat. Elle est  conforme à la photographie de l’original qui se trouve depuis peu à la bibliothèque nationale, information dont j’avais réservé la primeur lors de ma conférence.


Photo Carole Galtier. Musée Rimbaud, le 12/11/2016.DR.

Le Musée Rimbaud a pu acquérir, le 7 novembre, 19 lots de la vente de la belle  bibliothèque du regretté Claude Jeancolas. Il s’agit d’ouvrages qui viennent compléter la très riche collection du fonds Rimbaud que possède le Musée.



La collecte organisée pour l’achat du revolver de Verlaine par le Musée Rimbaud, lors de la vente aux enchères du 30 novembre, se poursuit et peut être suivie sur le site de la fondation du patrimoine.

Il serait important que l’information qui concerne le registre, jusqu’alors introuvable, sur lequel serait mentionné l’achat par Verlaine de cette arme soit confirmée. Le site les Inrocks avait publié que : “Le pistolet porte bien sur la crosse le numéro 14096 qui correspond à celui inscrit sur le registre de l’armurerie, en face duquel figure le nom de Verlaine lorsqu’il l’a achetée.”  On aimerait qu’une photographie de ce registre qui garantit l’authenticité du revolver soit publiée. On peut consulter sur ce sujet notre précédent article.


Mise à jour du 15 novembre : 

Suite à un contact téléphonique réalisé le 15 novembre avec Madame de Conihout, Directrice du Département des Livres et Manuscrits à CHRISTIE’S Paris, nous sommes en mesure d’apporter enfin une information précise concernant le registre de l’armurerie. Le site les inrocks avait écrit :

Pour Isabelle de Conihout, l’origine de l’arme ne laisse place à aucun doute : “Le pistolet porte bien sur la crosse le numéro 14096 qui correspond à celui inscrit sur le registre de l’armurerie, en face duquel figure le nom de Verlaine lorsqu’il l’a achetée.” 

Il fallait préciser que cette affirmation provient de la famille de l’armurier et du vendeur qui avaient vu le registre autrefois. Mais, celui-ci n’a toujours pas été retrouvé. 

Pour le problème de la perte du registre : voir l’explication donnée par Monsieur Bousmanne dans notre article du 27 octobre.

Mise à jour du 1er décembre :

Le revolver de Verlaine a été vendu hier chez Christie’s au prix de 434.500 euros. Le Musée de Charleville n’a pas eu les moyens de l’acquérir. La souscription lancée par la ville natale de Rimbaud n’avait recueilli qu’une somme modeste. Nous pensons qu’il n’y a pas à regretter que le Musée n’ait pas eu à dépenser une fortune pour ce revolver. Rappelons que des dons remarquables ont eu lieu ces dernières années au Musée Rimbaud. Celui de la famille Bardey comprenant notamment le manuscrit autographe de la notice de l’Ogadine de Rimbaud ; la belle montre d’explorateur de Rimbaud offerte par les héritiers de Paterne Berrichon ; la reproduction de la photographie de Rimbaud par Carjat, attestée par Isabelle Rimbaud, offerte par la Fondation Catherine Gide et qui figure en tête de cet article. 

Mise à jour du 13 décembre :

Vente Rimbaud à Brest le 18 décembre.

Mise à jour du 18 décembre

Des dessins attribués à Rimbaud n’ont pas trouvé preneur à Brest hier. L’authenticité de ces dessins ne semble pas suffisamment établie.

Mise à jour du 4 janvier 

FR3 Culture. DR.


Le musée Rimbaud est fermé jusqu’au 16 janvier. La dernière acquisition du musée : un carnet dans lequel sont collées des épreuves d'un article de Verlaine de 1888, consacré à Arthur Rimbaud, sera exposée à partir du mois de mars. Il s'agit du manuscrit de l'article intitulé Arthur Rimbaud paru dans Les Hommes d'aujourd'hui, n°318, du 17 janvier 1888. Voir notre photo ci-dessus.

Je remercie Carole Galtier pour son cliché de la photographie Carjat réalisée au Musée Rimbaud.
JB

mardi 5 avril 2016

Photographie Rimbaud de la fondation Gide au musée Rimbaud, par Jacques Bienvenu


photographie conservée dans une chambre-coffre avec les manuscrits précieux
Photo Jacques Bienvenu, mars 2016. DR  Musée Rimbaud.




Photographie Jacques Bienvenu, mars 2016. DR Musée Rimbaud.

Image de la photographie présentée à l'exposition du musée Rimbaud qui précise le don de la fondation Gide suite à mes recherches. Les diverses photographies sont exposées en alternance. Ce sera le cas de la seconde photographie de la fondation Gide, Rimbaud par Carjat, la plus célèbre, avec l'exceptionnelle attestation d'Isabelle Rimbaud comme dans le cas de la photo en premier communiant retouchée.



mercredi 28 octobre 2015

vidéo et compte rendu de la conférence : "Le mystère des visages de Rimbaud", par Jacques Bienvenu


On peut voir un excellent reportage vidéo sur la conférence du 20 octobre intitulé Le mystère des visages de Rimbaud diffusé sur Ardennes TV

Il a été réalisé par Laetitia Champenois-Kriennevalt, journaliste indépendante au KLC Studio.
contact :  klcstudio@orange.fr

Cette conférence donnait notamment l'information inédite suivante : les deux portraits de l'indivision Paul Claudel ont été acquis par la BNF.

Cette bonne nouvelle nous a été apportée par Thomas Cazentre, Conservateur en charge de la photographie du XIXe siècle au  département des Estampes et de la Photographie à la Bibliothèque nationale de France. Qu'il en soit vivement remercié.

La vente s'est effectuée sans tapage médiatique et sans intermédiaire, ce qui a évité les enchères d'une salle de vente.

Je reproduis ici les photographies que j'ai prises, le 13 juin 2014, au siège de l'Indivision Claudel que J'avais contacté dans ce but dès 2011. Les photographies n'étaient pas accessibles à cette époque et on me demanda de patienter. Mais je négligeais de reprendre contact et elles ont été publiées avant moi par Jacques Desse en mai 2014.

Rimbaud par Carjat. Ancienne collection Claudel.
Photo J Bienvenu.DR.

Verso de la photographie de Rimbaud par  Carjat.
Ancienne collection Claudel. Photo Jacques Bienvenu. DR.

Il s'agit  d'un tirage original d'un portrait de Rimbaud par Carjat.


Reproduction photographique du portrait de Rimbaud par Carjat.
Ancienne collection Claudel. Photo Jacques Bienvenu. DR. 
Ci dessus on voit  une seconde photographie du tirage original de la photographie de Rimbaud la plus connue. Cette photographie avait été prise par Claudel avant de renvoyer  l'original que lui avait transmis Berrichon. Le bas de la photographie montre bien la mention "Etienne Carjat". 

Ces deux photographies Carjat constituent la nouvelle référence pour les deux portraits de Rimbaud par Carjat.

Carjat Claudel BNF                              Carjat Gide Musée Rimbaud                   Carjat  Musée Rimbaud

Verso de la photographie Carjat Gide. Musée Rimbaud
                                           

La photographie que j'avais retrouvée et qui fut offerte en 2012 par la Fondation Catherine Gide  semble la plus fidèle à  l'original. La photographie sépia acquise en 1995 par le musée Rimbaud est certes plus ancienne, mais on remarque que la manche droite de Rimbaud est coupée et on observe une tache au dessus de l'épaule droite ainsi qu'un point noir sur le sourcil droit. Par ailleurs son origine supposée (elle aurait appartenu à Jean Cocteau) n'a pas la même valeur que confère l'attestation  d'Isabelle Rimbaud à l'autre photographie. Mais cela n'a pas une grande importance puisque ces deux photographies sont au Musée Rimbaud. 

Rimbaud blessé par Jef Rosman. Musée Rimbaud.


J'ai pu par ailleurs, lors de ma conférence, donner une information importante concernant le portrait de Rimbaud par Jef Rosman. Il s'agit d'un rapport du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France. Il a été réalisé suite à mon article intitulé : Le portrait de Rimbaud par Jef Rosman est-il authentique ? qui est cité et référencé. C'est un rapport extrêmement sérieux de onze pages. Il précise  que des échantillons de peinture du tableau  ont été analysés avec les méthodes les plus modernes.

La conclusion indique qu'aucun pigment anachronique n'a été identifié pour un tableau dont la date présumée est 1873. En d'autres termes, aucun pigment utilisé seulement à partir du XXe siècle n'a été trouvé dans ce portrait, ce qui aurait prouvé qu'il s'agissait d'un faux. Néanmoins ce rapport ne montre pas de manière décisive que le portrait a été réalisé en 1873.

J'ai aussi exposé pendant la conférence mon point de vue sur la photographie d'Aden  en détaillant tous les jalons de cette affaire. Je pense qu'il n'est pas utile d'y revenir. La photographie sera probablement à nouveau diffusée mais sa crédibilité est inexistante.

J'ai insisté dans ma conférence sur le côté très positif de cette polémique. Au  bout de cinq ans quatre photographies exceptionnelles sont  à la disposition du public. Deux sont à la BNF et deux autres au musée Rimbaud. Sans l'émulation soulevée par cette polémique, des recherches sans précédent dans l'iconographie rimbaldienne n'auraient probablement jamais eu lieu.

vendredi 3 juillet 2015

Dossier Musée, visite du 27 juin

DR.

Photo JB. DR.

Alain Tourneux nous a présenté l'intérieur du musée lors de la visite d'inauguration. Le musée n'était pas ouvert, mais pour la circonstance quelques photographies et vitrines étaient installées dans les salles du Musée.

Photo JB. DR.
L'auteur des quatre photographies est Eric Guglielmi, elles ont figurées dans l'exposition Je suis un piéton rien de plus présentée au musée Rimbaud pendant l'été 2011 et regroupant une quarantaine de photos du même auteur. Au centre on remarque "le Bar des Anges" qui n'est autre que le Cabaret vert démoli peu de temps après avoir été photographié à Charleroi.

Photo JB. DR.

Le conservateur discute avec Laure Matarasso. Au fond deux photos de Jacqueline Salmon, qui a réalisé en 2006  au musée Rimbaud l'exposition "Rimbaud parti", avec des clichés pris à Roche, le très beau catalogue comporte des textes de Jean-Christophe Bailly

Photo JB. DR.
                   Bibliothèque reconstituée de livres ayant appartenu à Rimbaud.

Photo JB. DR.
Vitrine avec des fac-similés de poèmes et les deux photographie Carjat de la collection Gide. La sécurité ne permettait pas d'exposer les originaux.



Une très belle vidéo, déjà signalée, montre notamment à la fin de son reportage la photographie Carjat la plus connue présentée ci-dessus. Il faut en raconter l'histoire. Lorsque j'ai trouvé cette photographie, avec la dédicace au dos d'Isabelle Rimbaud, j'étais persuadé d'avoir trouvé une photographie historique. Pendant plusieurs mois Alain Tourneux m'a objecté avec raison que la photographie du musée Rimbaud, présentée aussi dans le reportage, avait un support plus ancien.
Il s'est exprimé alors sur ce blog. Mais depuis la découverte d'une photographie de l'original, de mon point de vue, je trouve que la photographie Gide est plus conforme à l'original. (voir notre article présentant toutes les photos). Néanmoins, je ne suis pas certain d'avoir convaincu le conservateur qui tient beaucoup à sa belle photographie, on le comprend.

Pour conclure cette magnifique journée je précise que, venant spécialement de Marseille, je me suis vraiment senti chez moi à Charleville. De plus, il faisait beau ce jour là !

Photo A.C.DR
                      Jacques Bienvenu en face du nouveau Musée Rimbaud.

dimanche 28 juin 2015

Premières photos de l'inauguration du musée Rimbaud


 Photo JB

De gauche à droite : Jacqueline Tessier-Rimbaud arrière petite nièce d'Arthur Rimbaud, Boris Ravignon  maire de Charleville-Mézières, Alain Tourneux  conservateur du musée Rimbaud.

Photo JB.

Allocution inaugurale de Boris Ravignon qui a choisi de lire le poème en prose de Rimbaud Aube. Madame Claudine Ledoux ancienne maire de Charleville s'exprimera pendant ces discours des édiles de la ville et de la région.

Photo JB.

Alain Tourneux et Ernest Pignon-Ernest, l'artiste bien connu des rimbaldiens. Entre les deux hommes vêtus de noir, on aperçoit Maudame Laure Matarasso petite fille du grand libraire Henri Matarasso qui a fait don au musée Rimbaud d'une exceptionnelle collection d'archives sur le poète de Charleville.

Photo JB.

De gauche à droite : André Guyaux, éditeur des oeuvres de Rimbaud dans la Pléiade, Aurélia Cervoni qui a collaboré à cet ouvrage et Jean Baptiste Baronian, directeur du récent dictionnaire Rimbaud.

Il était midi environ. Un peu plus tard à 12H 30 une visite exceptionnelle commentée par Alain Tourneux était réservée à un petit groupe.

À suivre...

Mise à jour lundi 29 : voir sur francetvinfo
On regardera surtout la vidéo de ce site qui concerne l'une des deux seules visites. Celle-ci est la première réservée uniquement aux édiles de Charleville et aux personnalités officielles venus pour l'inauguration. Observez  les fameuses photographies Carjat de la collection André Gide exposées dans une vitrine.

Notre prochain article concernera la seconde visite.

samedi 20 juin 2015

Les photographies Carjat du musée Rimbaud

L'existence d'une photographie originale représentant Rimbaud par Carjat, et appartenant  à l'indivision Paul Claudel, a été révélée par Madame Hélène Dufour dans le remarquable catalogue de l'exposition Arthur Rimbaud du musée d'Orsay publié en 1991.

C'est la raison pour laquelle j'eus l'idée de contacter, dès 2011, l'indivision Paul Claudel. Les photographies des archives Claudel n'étaient pas disponibles à cette époque. Elles ont  été publiées récemment. Ces archives comportent une intéressante photographie de l'original du portrait le plus connu de Rimbaud représentée ci-dessous :

DR : indivision Paul Claudel. Photographie Jacques Bienvenu

J'ai déjà eu l'occasion de parler de la photographie Carjat que j'ai retrouvée dans les archives d'André Gide. Voici pour la première fois sa représentation :


Musée Rimbaud, ancienne collection Gide

On observe qu'elle est rigoureusement conforme à la photographie de l'original, notamment pour la représentation du bras droit souvent coupé dans les reproductions

Attestation d'Isabelle Rimbaud au dos de la photographie précédente

Musée Rimbaud

En revanche, la photographie du musée Rimbaud (représentée ci-dessus) qui proviendrait de Jean Cocteau montre certaines différences. Le bras droit n'est pas entièrement représenté comme dans le cas de la photo Gide. Par ailleurs, un point noir sur le sourcil droit et une tache au dessus de l'épaule droite ne se trouvent pas non plus sur la photographie de l'original.

Il me semble donc que la photographie de la collection Gide est à l'heure actuelle la reproduction grand format la plus fiable de l'image la plus connue de Rimbaud. C'est la seule photographie qui possède l'attestation d'Isabelle Rimbaud avant que la célèbre icône ne fut révélée par Berrichon en 1922 aux éditions de la Banderolle. Voici, cette dernière photographie :

On est en droit de penser que Berrichon a retouché l'oreille gauche selon le modelé de l'oreille de Rimbaud en premier communiant, photographie publiée aussi dans la même édition. En réalité l'oreille se modifie à l'adolescence et les oreilles décollées de Rimbaud à onze ans ne constituent pas le modèle définitif. 


Musée Rimbaud, ancienne collection Gide.

L'important est que grâce au don de la Fondation Catherine Gide, le Musée Rimbaud possède à présent une riche collection de photographies de Rimbaud.

Nous avons déjà eu de longues discussions sur les photographies Carjat avec Alain Tourneux, notamment sur ce blog. Je le crois trop occupé en ce moment pour me répondre… Je lui souhaite bon courage pour cette prochaine inauguration du nouveau Musée Rimbaud auquel il a tant contribué.

Je remercie vivement Madame Nantet de m'avoir montré les archives Paul Claudel et  de m'avoir autorisé à prendre des photographies.

mardi 20 août 2013

Théo Van Rysselberghe


Quatre baigneuses par Théo Van Rysselberghe. Source : B.C.



Dans la très remarquable exposition Le Grand Atelier du Midi qui se déroule jusqu’au mois d’octobre, conjointement à Marseille et Aix-en-Provence, on peut voir quatre toiles de Théo Van Rysselberghe. Trois à Marseille qui représentent des baigneuses (respectivement : L’Heure embrasée, 1897 ; Baigneuses au bord de l’eau, 1908-1909 ; Baigneuses au cap Bénat, 1910) et une à Aix-en-Provence représentant un pin (Le Pin à La Fossette, 1919). Le peintre belge s’était installé dans le var en 1890. On trouve son nom sur la liste de ceux qui participaient vers 1900 à la souscription pour ériger une statue de Rimbaud à Charleville. Tout récemment j’ai pu retrouver deux photographies par Carjat représentant Rimbaud. Ces photographies avaient été offertes par Isabelle Rimbaud à Mme Théo Van Rysselberghe. C’est grâce à Mme Catherine Gide, malheureusement décédée cette année au mois d’avril, que la donation au Musée Rimbaud a pu être réalisée. Je renvoie pour cela aux deux articles :  Don de la Fondation Catherine Gide au musée Rimbaud, par Jacques Bienvenu et Gide et Gid, suivez le guide, par AlainTourneux.

JB

dimanche 21 octobre 2012

Hommage à Charleville, par Jacques Bienvenu


Alain Tourneux à gauche et Gérard Martin à droite



        C’est hier à 14H, au Musée Rimbaud à Charleville,  qu’un hommage a été rendu à Gérard Martin et  Alain Tourneux conservateurs des bibliothèques et musées de Charleville-Mézières. Ils ont travaillé ensemble pendant trente ans avec une entente parfaite. Je ne peux entrer ici dans le détail de tout ce qu’ils ont fait pour la Bibliothèque et le Musée depuis trois décennies. J’ai déjà rendu compte sur ce blog d’une conférence d’Alain Tourneux à laquelle je renvoie. Gérard Martin m’a promis un article concernant l’histoire de la bibliothèque et des documents qui s’y trouvent. Tous  ceux qui ont fait des recherches sur Rimbaud ont connu l’amabilité et la disponibilité,  malgré de lourdes charges, de ces conservateurs parfaits. Madame Claudine Ledoux, Maire de Charleville, dans son discours inaugural a rendu hommage aux deux hommes à la fois avec simplicité et solennité. Suite à ce discours, les deux  conservateurs ont été invités à dire un mot au public. Gérard Martin  nous a dit avec modestie qu’il se considérait comme  le maillon d’une chaîne - son nom figurant simplement avec celui de ses prédécesseurs  sur le grand cahier  où sont référencés tous les ouvrages de la bibliothèque depuis son origine. Alain Tourneux prend à son tour la parole. C’est lui qui est chargé d’organiser la grande rénovation du Musée. Avec l’humour qui le caractérise, il précise qu’il va être bref car il  doit se réserver pour le discours de l’inauguration qui devrait avoir lieu, sauf erreur, dans deux ans. Une émotion sincère et profonde se sentait dans le public. L’Association des amis de Rimbaud était représentée par Louis - Claude Paulic et Madame  Jacqueline Teissier - Rimbaud, parente du poète. Parmi ceux qui ont contribué au livre hommage, on comptait Michel  Arouimi, Marie-Anne Bardey, Jacques Bienvenu, Aurélia Cervoni, André Guyaux,  Claude Jeancolas.


Madame Claudine Ledoux entourée des conservateurs pendant son discours




De gauche à droite : Jacqqueline Teissier- Rimbaud, Alain Tourneux, Claude Jeancolas, Marie-Anne Bardey, Jacques Bienvenu, Gérard Martin, André Guyaux


André Guyaux à gauche et Claude Jeancolas à droite.


          Au premier étage, Alain Tourneux avait réussi à monter  une exposition des documents qui sont devenus récemment la propriété du Musée. On pouvait admirer le prestigieux don de la famille Bardey,  notamment le manuscrit de la notice sur l’Ogadine signé de Rimbaud, l’album des photos, les pièces qui se trouvaient dans une petite bourse qui appartenait au poète voyageur. J’ai eu le plaisir de revoir Marie-Anne Bardey après l’inauguration, l’an dernier, de la salle Rimbaud à la gare de Marseille en présence de Patti Smith. Etaient exposées aussi les photographies généreusement offertes par la fondation Catherine Gide. Sur  ce sujet consulter l’article d’Alain Tourneux. On pouvait voir  aussi les quatre fac-similés de la lettre de Gênes dont trois avaient disparu et que j’ai eu le plaisir de retrouver grâce à Alain Tourneux. Lire  à ce propos mon  article.


           Une petite surprise imprévue : deux jeunes gens, venus en pèlerinage au musée Rimbaud, qui n'avaient pas oublié que le 20 octobre était le jour anniversaire  de la naissance du poète. Ils sont photographiés à l'entrée du musée.


             Je me résume : pas une fausse note dans cet hommage réussi,  chaleureux et  si mérité !