vendredi 30 août 2019

Rimbaud alcoolique ?



Les poètes sont parfois alcooliques. Parmi ceux que Rimbaud a connus on pourrait citer Verlaine et Charles Cros. L’influence de l’alcool sur Rimbaud n’a, sauf erreur, jamais été soulignée. Il semble que l’occasion pour lui de boire ne se soit pas réellement présentée avant l’année 1871. On me paye en « Bock et en filles » dira-t-il dans la première lettre du Voyant. À cette époque il allait boire au Café de l’Univers avec Bretagne qui lui offrait volontiers de la bière. Mais c’est surtout arrivé à Paris que Verlaine se chargea de le faire boire, notamment de l’absinthe. On a son témoignage où il précisait, dans la relation qu’il fit de l’incident Carjat, que Rimbaud réagissait mal à l’alcool ce qui explique surtout le fameux coup de canne-épée. Rimbaud, dans le poème Oraison du soir, nous dit qu’il a bu trente ou quarante chopes. En 1872 il écrira Comédie de la soif et dans une lettre à Delahaye il dira « C’est le plus délicat et le plus tremblant des habits que l’ivresse par la vertu de cette sauge des glaciers, l’absomphe. » Lorsque Rimbaud et Verlaine partent pour la Belgique Verlaine racontera qu’ils avaient bu de tout « outre mesure ». Cependant, s’il est avéré que Verlaine était alcoolique peut-on en dire autant de Rimbaud ? En 1875, Verlaine l’accusera d’avoir écrit des lettres d’homme saoul. Dans le dessin qui figure en tête de cet article Verlaine en 1875 avait accompagné son texte d’un poème parodique intitulé Ultissima Verba qui commence par : «  Épris d’absinthe pure et de philomathie ». Ernest Delahaye de son côté confiera à Verlaine : « […] que cette fin , dont nous causions là bas, sera quelque asile d’aliénés. Il me semble qu’il y va maintenant. C’est d’ailleurs tout simple : l’alcool ». Il est donc attesté que Rimbaud après avoir abandonné la poésie écrite a continué à boire. Déjà, dans une lettre envoyée de Stuttgart à Delahaye il exprimait son goût pour le Rissling. La lettre était abondamment illustrée de bouteilles de ce vin. Néanmoins, arrivé à Aden puis au Harrar, où nous avons plusieurs témoignages de sa vie, il semble bien que Rimbaud ait abandonné l’alcool comme il avait renié la poésie. Il confiera que sa vie d’autrefois à Paris et à Londres n’était qu’une période d’ivrognerie et sans intérêt. Ceci montre que Rimbaud n’a pas conservé sa dipsomanie dans sa vie africaine. C’est un changement notable.

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