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| Photo de Rimbaud générée par l'intelligence artificielle.DR. |
Depuis quelques jours les mathématiciens sont en ébullition. Un problème très difficile, l’un des sept du millénaire a été résolu par l’intelligence artificielle. Cela bouleverse l’univers des chercheurs. J’avais mis en ligne il y a un an et demi une question que j’avais posée à l’IA mais les progrès stupéfiants des algorithmes m’obligent à revenir sur ce sujet.
L’intelligence artificielle pourrait-elle nous appendre quelque chose sur Rimbaud ?
Sur l’analyse des textes, elle donne des informations pertinentes comme l’influence de Coppée sur Rimbaud où elle analyse le dernier article de Ducoffre sur cette question.
L’intelligence artificielle pourrait-elle nous permettre de trouver un inédit de Rimbaud ?
ll faut lui poser la question, on ne sait jamais !
Voici un poème écrit par l'IA à la manière de Rimbaud :
La ville aux oiseaux de cuivre
Ce matin, la ville avait des dents de verre.
Les tramways bleus mordaient le
brouillard,
et des enfants sans visage
jouaient aux dés avec le soleil.
j'ai marché longtemps,
Sous les ponts dormaient des
fleuves noirs,
pleins de lunes crevées et de voix
clandestines.
une femme en robe d'orage
vendait des roses aux machines.
j'en ai pris une.
Elle saignait de l'or sur ma main
Alors les maisons se sont mises à chanter
alors le ciel s'ouvrit comme une
immense porte
.......
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"Les enfants jouent aux dés avec le soleil..." : ce serait plutôt Mallarmé, non ? Mallarmé, c'est le coup de dé, Rimbaud, le jeu de cartes. Pour l'IA appliqué aux textes de Rimbaud, je dirais que c'est quand la mer se retire que l'on voit ceux qui nageaient tout nus... Car privilégier la littérature comparée comme discipline pour essayer de comprendre le sens littéral des textes de Rimbaud est une impasse. Non seulement les études universitaires, qui ont historiquement privilégié cette voie, ne sont arrivés à... rien, absolument rien pour ce qui est du sens littéral - jamais un autre auteur n'a permis de mieux comprendre Rimbaud, on aurait pu s'en douter dès le début, puisqu'on est tous d'accord que sa langue est neuve, et que c'est même sa "marque de fabrique". Mais en plus avec l'IA, on s'aperçoit maintenant qu'une machine peut faire le même travail... et 100 fois mieux avec sa puissance de balayage des sources. Car découvrir que Rimbaud est sans doute allé chercher ses oiseaux clabaudeurs du Bateau ivre chez Chateaubriand, l'IA peut le faire en confrontant les textes à la chaîne. Donc, non seulement ce travail peut être fait par l'IA, mais que fait-on du résultat ? A quoi sert le résultat ? A rien, absolument rien, car il n'y a rien à en faire sur le plan du sens littéral des textes de Rimbaud. Par contre, "oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds" dans le Bateau ivre, on attend toujours pour les yeux blonds... Personnellement je me fiche pas mal que Rimbaud soit allé chercher ses oiseaux clabaudeurs chez Chateaubriand, je me doutais déjà que Rimbaud avait pu lire ou parcourir les Mémoires d'outre-tombe, puisque l'on dit qu'il avait à peu près tout lu... Rimbaud, c'est le penser par soi-même et uniquement cela, c'est pourquoi il y a beaucoup à attendre des études de réception de l'oeuvre de Rimbaud par les lecteurs, et c'est pourquoi il me semble que Cavallaro n'est pas engagé dans une si mauvaise voie que cela, après tous les Universitaires qui l'on précédé. fd
RépondreSupprimerMerci pour votre commentaire. Cependant je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous. Il me semble qu'une source pertinente est utile à la compréhension de Rimbaud. L'IA peut être très utile à ce propos. J'ai interrogé L'IA sur le Bateau Ivre et si l'on pose les bonnes questions on peut trouver des sources inédites possibles, par exemple un article de Louis Reybaud dans la Revue des deux Mondes du 1er janvier 1871 dans l'article intitulé " la marine au siège de Paris".On y trouve le vocabulaire technique employé par Rimbaud, notamment le passage des " Monitors" et des "Voiliers des Hanses".
RépondreSupprimerCela peut avoir un intérêt pour chercher à évaluer l'antériorité d'un texte de Rimbaud - peut-être mais avec beaucoup de précautions, car on ne connaît pas la date de lecture par Rimbaud - mais certainement pas pour le comprendre. Si l'on ne sait pas ce que sont les Monitors et les Hanses, un bon dictionnaire suffit. Donc Reybaud n'est pas utile à la compréhension de Rimbaud. D'ailleurs, l'oeuvre de Rimbaud a réussi sans exiger qu'elle soit comprise ("comprise" au sens du "sens littéral", dont René Char disait lui-même qu'il ne pouvait pas, pourtant, ne pas exister, même dans un texte poétique et quel que soit le style poétique, le sien comme celui de Rimbaud - dans une réponse à Paul Veyne), c'était même une condition de son succès - ça ne pouvait pas ne pas l'être, c'est tellement énorme ! -, et c'est cette question qui n'est absolument pas abordée par les Universitaires, aucun, alors que c'est pourtant la première question à se poser. Je dis que c'est la première question que se poserait toute autre discipline. Comment Rimbaud a-t-il pu envisager le succès d'une oeuvre dont le sens littéral reste obscur 150 ans plus tard alors même que l'auteur n'a cessé d'être, plus qu'un autre même, étudié ? C'est ça qu'il faut comprendre ! Mon atroce scepticisme concernant les études universitaires où elles en sont rendues aujourd'hui, c'est que le temps n'est pas loin où ils finiront pas accréditer l'idée que Rimbaud est un fumiste. En lisant bien Denis St Amand de Parade sauvage par exemple, il n'en est pas loin du tout. Il se désole qu'il a de plus en plus de mal à intéresser ses étudiants à Rimbaud, et dit qu'il tente de les convaincre en leur expliquant qu'il y a une vertu pédagogique à étudier Rimbaud - parce que c'est très varié, etc. blablabla, c'est un bel exemple de... je ne sais plus trop quoi... On en est là M. Bienvenu ! Co-Directeur de Parade sauvage ! L'Université a pris le relai des écrivains, des artistes au premier XXe, et Rimbaud est à pleurer - sur le plan universitaire j'entends, et c'est notre joie !
RépondreSupprimerJe trouve que vous êtes injuste concernant les recherches universitaires. On a beaucoup progressé sur la compréhension de Rimbaud même s'il reste encore des grands pans de l'oeuvre qui restent obscurs. Mais si vous le permettez, je reviens à mon sujet : l'intelligence artificielle peut-elle nous aider à comprendre Rimbaud ?
SupprimerAprès avoir été longtemps sceptique, je le crois à présent. Ne vous en déplaise la recherche des sources est un point capital. Une petite chose par exemple : l'IA a trouvé une source inédite du mot abracadabresque en 1848 alors qu'on ne connaissait que celle de Gautier de 1852. Attendez-vous à des découvertes importantes dans les prochains mois ou prochaines années.
Vous nous proposer une pseudo image de Rimbaud : modèle catalogue de vêtements « Redoute ou Trois Suisses », il faut oser ! Lorsque vous aviez démontré la fausseté d’autres photos (qui toutes fois, étaient, au moins historiquement) plus proches de Rimbaud et j’admirais vos démonstrations. Quant à l’utilité de l’IA, je vous laisse juge. Mais nous proposer un faux Rimbaud en exemple qui pourrait convenir à l’écriture automatique de Soupault ou Bulteau (peut-être ???). Vous combattiez les faussaires jusqu’à présent ? Si l’on n’écrit pas avec son sang, comme le dit Nietzsche, cela n’a aucune valeur à mes yeux. NL
RépondreSupprimerMerci pour votre message. Je cherchais une image pour illustrer mon article et je n'ai pas trouvé mieux. Vous avez raison ce n'est pas une bonne idée.Cela dit l'important est ailleurs : dans la possibilité de faire des découvertes grâce à l'IA.
SupprimerOui, c'est très juste ce que dit NL. Dans le bouquin d'où est extraite cette photo, la représentation de la mère de Rimbaud vaut aussi son pesant de cacahuètes : corsetée avec ombrelle comme une bourgeoise parisienne de la belle époque ! Un peu comme Mathilde Mauté la femme de Verlaine si vous voulez... Madame Rimbaud, ce n'est pas du tout celà ! Mais peut-on le reprocher à l'auteur de la photo ? Car il est vrai que dans les bios de Rimbaud, le côté "bourgeois" de la famille Rimbaud est beaucoup trop appuyé et mal compris. Donc quand on demande à l'IA de le traduire en image, il n'est pas très surprenant en vérité de se retrouver avec, par exemple, cette photo d'un Rimbaud jeune étudiant du quartier latin, ce qu'il n'a jamais été. Intrigué par le dispositif qui a permis à l'auteur des photos de parvenir à ce résultat par le biais de l'IA, j'avais demandé à une amie historienne d'assister à la conférence que l'auteur a donné à Charleville-Mézières, je crois au Musée de l'Ardenne. Car c'était intéressant de comprendre comment une IA peut en arriver à celà. Eh bien, mon amie en est revenue avec l'idée qu'il n'y a absolument rien de scientifique voire même pseudo scientifique dans la démarche et le dispositif, l'auteur n'étant pas en mesure semble-t-il d'expliquer précisément comment il obtient ses images que je trouve, personnellement, dérangeantes. Qu'a-t-il mis dans la boîte comme informations précises pour arriver à ce que l'IA crée celà ? Eh bien à l'issue de la conférence, mon amie historienne n'avait toujours pas compris... si jamais toutefois il y avait quelque chose à comprendre... Maintenant, je crois que le blog de M. Bienvenu doit tout montrer, justement pour pourvoir échanger dessus comme nous sommes en train de le faire. fd
RépondreSupprimerIl y a un grand débat sur l'IA en ce moment.C'est. un outil qui peut amener à des erreurs quand on l'utilise mal.Vos commentaires son utiles dans cette discussion.
SupprimerA propos d'IA, ce document tourne depuis mardi dans certains cercles : authentique, faux grossier ?
RépondreSupprimerStuttgart, 2 février 1875.
Cher ami,
— Sans façons ni préambule, car le temps presse et ma bourse plus encore, — voici où j'en suis.
J'ai traversé le teuton assez avancé pour m'en faire un outil, au lieu de m'y vautrer en curiosités philologiques comme nos professeurs de collège : et leur langue qu'ils admiraient au clou...! Je songe à une traduction, — Heine peut-être, si l'éditeur n'y voit que du feu, — mais traduction, entends-moi bien : je rendrai le sens et je supprimerai la musique, intraduisible et qui d'ailleurs n'intéresse personne ici ou ailleurs. Le public veut des idées, pas des harmônies : on lui en donnera, avec un supplément de prose sèche pour qu'il croie à du sérieux.
Tu me demanderas, si mon humeur de l'autre jour ne t'a pas donné satisfaction, où j'en suis de mes anciennes saisons. Je te répondrai : nulle part, merci, et c'est très bien ainsi. J'ai vu, j'ai crevé de faim, et plus ne faut maintenant songer au commerce luxurieux des alexandrins. Je ne suis pas de ceux qui gardent la hache plantée dans l'arbre par coquetterie, comme d'autres que tu sais.
Ceci dit, — car il faut bien qu'un ventre mange, — je retourne ces jours-ci à un projet de manuel, prarico-géographie commerciale à l'usage des voyageurs franzôsichs, avec cartes et tableaux de changes : voilà qui vaudrait mieux que toute la lyre, pour le pain du moins ! Ris si tu veux ; moi je ne ris plus de rien qui rapporte, tout ça fait trop peine.
Envoie-moi, si tu le peux sans trop te gêner, quelques nouvelles de Paris et un peu d'argent — je n'ai pas honte de le demander deux fois dans la même lettre, la pudeur est un luxe de rentier, puis tu sais bien que tu m'es un dernier recours. Grâce et réponse rapide attendues ; ici les journées sont longues et l'allemand ne suffit pas à les remplir.
Ton
Rimb.
Faux, bien sûr !
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