vendredi 23 septembre 2022

Vente de la lettre d'Isabelle Rimbaud du 28 octobre 1891

 

DR


L’original de la lettre d’Isabelle Rimbaud du 28 octobre 1891 attestant du retour à la foi de son frère sur son lit de mort est mis en vente le 4 octobre par Ader. L’authenticité du témoignage d’Isabelle Rimbaud a été contestée. En consultant notre précédent article et sa discussion on peut le comprendre.


Information communiquée par Vincent Malausa auteur d'un remarquable article sur les liens entre Rimbaud et Godard intitulé : Face à Rimbaud à paraître dans le prochain numéro des Cahiers du cinéma.

mercredi 14 septembre 2022

Information sur le portrait d'Isabelle Rimbaud

Nous signalons que notre dernier article sur le portrait d'Isabelle Rimbaud suscite une intéressante discussion qui se poursuit jusqu'à ce jour.

vendredi 22 juillet 2022

Histoire du premier faux Rimbaud. Le Dessin d'Isabelle Rimbaud. Mis à jour le 26 juillet.

Source : Jean-Baptiste de Proyart. DR.

La ville de Charleville-Mézières vient de lancer une souscription pour l’achat de l’original d’un dessin connu d’Isabelle Rimbaud qui représente son frère en joueur de harpe. L’histoire de ce dessin mérite d’être racontée. 


La première mention de ce dessin a eu lieu dans la revue La Plume le 15 février 1893 avec un poème de Verlaine intitulé : À Arthur Rimbaud d’àprès un dessin de sa soeur le représentant en costume oriental. Nous savons que ce croquis appartenait à son éditeur Léon Vanier qui le  lui avait montré.


Manuscrit de la seconde version du poème
de Verlaine . DR.

Considérons les deux derniers tercets du poème  dans sa réédition de  Dédicaces en 1894 :



Retenons ce passage : «  Je t’admire en ces traits naïfs de ce croquis,/Don précieux à l’ultime postérité/Par une main dont l’art naïf nous est acquis »


Observons le mot naïf qui désigne Isabelle Rimbaud et dont nous allons par la suite découvrir toute la saveur.


Une lettre de Vanier à Léon Pierquin du 30 janvier nous donne une information intéressante. L’éditeur de Verlaine écrit qu’il  lui a montré le croquis de la tête de Rimbaud et que Verlaine  avait fait le lendemain son sonnet. On en déduit que Vanier possédait le croquis en janvier 1893 et que par conséquent Isabelle le lui avait communiqué entre novembre 1891 (date de la mort de Rimbaud) et janvier 1893.


La seconde mention du dessin apparaît dans la première lettre de Berrichon le 12 juillet 1896 où il évoque « tel dessin touchant de votre main, le représentant lyre aux mains en Orient à la fin de son épopée vécue »


On apprend de la correspondance qu’Isabelle avait effectivement offert ce dessin à Vanier. Berrichon qui voulait absolument avoir ce dessin pour illustrer un article sur Rimbaud n’a jamais pu y arriver car suite à la mort de Vanier en 1898, sa veuve ne parvenait pas à le retrouver.


Donc en 1898 le croquis se trouvait chez Madame Vanier.


Le dessin d’Isabelle réapparut en 1931 dans le catalogue Blaizot, collection de Mme Heartt. Nouvelle apparition en 1936 à l’exposition du cinquantenaire du symbolisme où l’on trouve la curieuse notice N° 64 : Rimbaud en 1991, à son retour d’Éthiopie. Calque de Paterne Berrichon d’après un dessin d’Isabelle Rimbaud -À Mme Paterne Berrichon. 

Rappelons que Paterne Berrichon est mort en 1922 et que sa veuve avait hérité de tous les documents. Ce calque prouve que Berrichon n’avait pu avoir le dessin original de Madame Vanier mais qu’il avait du en prendre copie chez Vanier puisqu’il l’avait vu chez cet éditeur. En 1948 il est reproduit dans l’iconographie de François Ruchon sur la base du document Blaizot (planche XXIII). En 1954. Il figure à l’exposition de la Bibliothèque Nationale organisée pour le centième anniversaire de la naissance d’Arthur. Le catalogue indique au numéro 483 : 

Rimbaud en costume oriental. Tenant une harpe abyssine. Dessin par Isabelle Rimbaud. Avec comme référence la planche XIII de Ruchon.


Mais en 1967 il figure dans l’album Pléiade confectionné par Pierre Petitfils et le libraire et collectionneur Matarasso. On peut penser que Matarasso avait réussi à avoir l’original. Cependant il n’en avait pas fait don au musée Rimbaud et il ne figure pas non plus dans la vente de 1972 de ses collections. C’est tout récemment que l’on a appris que le libraire Jean-Baptiste de Proyart possède l’original et qu’il s’est entendu avec la ville de Charleville-Mézierre pour le céder au prix de 180 000 euros. 


On peut à présent revenir en arrière pour bien comprendre l’histoire de ce portrait.


En 1930, Marguerite Yerta-Méléra grande amie de Berrichon et d’Isabelle Rimbaud avait publié dans l’édition de luxe de sa biographie de Rimbaud des dessins attribués au poète qu’il aurait réalisés au cours de ses pérégrinations en Afrique. Isabelle Rimbaud avait confié ces dessins à Marguerite Méléra qui entretenait à présent la légende d’un Rimbaud dessinateur. Dans son livre « Résonances autour de Rimbaud » elle écrivait : 


Arthur Rimbaud, en Orient, est un commerçant avisé. Et parfois, sur une feuille de papier à lettres, pour l’édification de sa famille il écrit, il dessine le paysage qu’il a sous les yeux. Voici Aden : «  La pointe du Steamer « , voici dans la fraîche et montagneuse Abyssinie : «  Les environs de Farré », «  La maison de soleillet »,voici « Ankober »; les toucouls, les rondes maisons abyssines paillent de boue des indigènes, parmi les broussailles et les pierres. Et quels dessins ! Sages, léchés, exacts, sans relief, directement inspirés par les illustrations aux récits de voyage qu’à onze ans Rimbaud dévorait dans le « Magasin pittoresque » ou « L’Univers illustré ». 

 

                                               On peut cliquer sur l'image pour agrandir

La Maison de Soleillet présentée comme dessin de Rimbaud. Planche  XII.  Col. JB. DR.

Suite à cette publicité les dessins sont vendus assez cher au cours de différentes ventes pendant assez longtemps. 


Mais une découverte importante est venue d’un grand rimbaldien allemand, M. Curd Hochwadt qui avait trouvé en 1965 en préparant une exposition Rimbaud à Hanovre le modèle exact de plusieurs dessins qui figuraient dans le livre de Madame Méléra. En particulier le dessin de la maison Paul Solleilet à Ankober. Le dessin était signé « Taylor » comme on peut le voir sur notre image. La source provenait d’une revue allemande illustrée de géographie et d’Ethnographie nommée Globus.


La maison de Soleillet, dessin de Taylor. Source : Globus. DR.

Cette signature « Taylor »  (en bas à gauche sur l'image) ruinait la réalisation par Rimbaud de ce dessin car c’était une exacte réplique de celui qui figurait dans le livre de Madame Méléra.

L’information fut divulguée en 1966 par Pierre Petitfils dans la revue Bateau ivre N°20.


Ce n’est que 24 ans plus tard qu’on a trouvé la source véritable de ces dessins dans la revue française « Le Tour du monde » et précisément dans l’article « Un voyage au Choa » de 1889.

La découverte a été faite par Steve Murphy : “J’ai tous les talents !’’ : Rimbaud harpiste et dessinateur », Parade sauvage bulletin, n° 6, novembre 1990, pp. 28-38.


Murphy commence à montrer que le dessin de Rimbaud harpiste a été décalqué par isabelle dans cette revue et qu’elle avait remplacé habilement la tête de l’indigène par celle de son frère (voir image ci-dessous). Puis il montre aussi que d’autres dessins du livre de Méléra ont leur origine dans cette revue.


Bulletin N°6 PS. DR.

C’était là une belle découverte. 


Cependant il existe une pointe qui n’a pas été soulignée par les commentateurs. Pour que ces dessins puissent passer pour des oeuvres de son frère il a fallu qu’elle fasse en sorte que l’on ne voit pas le véritable auteur du dessin, ce qu’elle a fait pour « Taylor » et pour le croquis du harpiste où le nom de l’auteur « Roujat » est soigneusement effacé. Quel montage raffiné !


Dès lors, on comprend qu’Isabelle Rimbaud est tout sauf une naïve dans cette affaire. Son travail de faussaire est admirablement réalisé. Le dessin de Rimbaud en harpiste dépasse l’intérêt de son simple portrait. D’ailleurs on peut se demander si ce portrait ressemblait au poète en 1891. Dans une lettre du 21 avril 1890 Rimbaud écrivait à sa mère : «  Je me porte bien, mais il me blanchit un cheveu par minute. Depuis le temps que ça dure, je crains d'avoir bientôt une tête comme une houppe poudrée. C'est désolant, cette trahison du cuir chevelu ; mais qu'y faire ? »

On est en droit de penser qu’en un an et après d’atroces souffrances sa chevelure a pu encore blanchir. Il est donc probable que Rimbaud avait les cheveux blanc à l’hôpital de la conception à Marseille. Ce n’est pas le cas du Rimbaud jouant de la harpe. On est donc pas certain que ce portrait soit fidèle au Rimbaud de 1891. Elle avait confié à Berrichon d’autres portraits de Rimbaud mais elle-même les jugeait sans valeur et Berrichon les trouvait beaucoup moins intéressants que le portrait à la harpe. À son grand regret il ne pourra jamais l’imprimer. On comprend que ce portrait de Rimbaud jouant de la harpe a une valeur exceptionnelle. C’est le premier faux Rimbaud de l’histoire de la rimbaldie (qui en comporte de nombreux) et un symbole de l’entreprise d’hagiographie de la soeur du poète.



Mise à jour du 26 juillet : 

L’actualité a donc remis en scène le dessin d’Isabelle Rimbaud. Avant d’écrire cet article j’ai voulu lire tout ce que j’avais sur cette question. Lefrère a publié deux livres « Face à Rimbaud » et « Les dessins d'Arthur » où l’on trouve déjà beaucoup d’informations. Je possède ces deux livres. Le document essentiel est l’article de Murphy. Je constatais que je n’avais pas dans ma bibliothèque rimbaldienne les bulletins Parade sauvage. J’ai pu l’obtenir en fichier joint grâce à l’amabilité de Madame Elise Nicolas qui travaille au Musée Rimbaud. Je la remercie vivement ici. Je signale que les bulletins Parade sauvage sont épuisés et qu’il serait souhaitable de les republier.

Je n’avais pas fait attention au rôle du grand rimbaldiste allemand Curd Hochwadt dans la révélation que les dessins publiés par Mme Méléra n’étaient pas de Rimbaud. Je ne sais pas s’il existe un catalogue de son exposition réalisée à Hanovre en 1965. J’ai pu consulter la revue Globus que je ne connaissais pas et qui me semble très intéressante.

J’ai relu la correspondance entre Berrichon et Isabelle Rimbaud. J’ai consulté tous les catalogues d’expositions et références iconographiques que je possède. J’ai pleinement réalisé l’incroyable travail de faussaire d’Isabelle Rimbaud que je n’avais pas assez mesuré. L’idée de remplacer une tête par celle de Rimbaud au moyen d’un calque est en avance par rapport aux procédés actuels qui permettent de le faire en deux clics. 

Certes, les mensonges d’isabelle Rimbaud ont été dénoncés depuis longtemps. Etiemble l’avait fait. Plus récemment Yves Reboul notamment a écrit, en 2009, dans Rimbaud en son temps un article intitulé « Isabelle  Rimbaud et l’aveu qu’il s’est trompé » où il dénonce ses impostures. Cependant il omet de signaler le travail de faussaire de la soeur du poète pour ce fameux croquis.








jeudi 14 juillet 2022

Document inédit sur la vente de Roches à sa fille par Madame Rimbaud en 1888

Dernière page de l'acte notarié. DR.

Suite aux commentaires de notre dernier article, M. Franck Delaunoy nous a communiqué la copie d'une transcription hypothécaire d'un acte notarié qui montre qu'en 1888, Madame Rimbaud a vendu sa propriété de Roches à sa fille Isabelle Rimbaud, ce que l'on ignorait. Nous reproduisons ici le commentaire de M. Delaunoy :

Plutôt que de courir après les droits d'auteur de l'oncle, les nièces auraient sans doute été plus heureuses en affaires en attaquant la succession de la grand-mère avant 1910. Car lorsque Rimbaud retourne à Roche l'année de sa mort (1891), il n'est pas accueilli chez sa mère... mais chez sa soeur Isabelle. Quelques années plus tôt en effet (avant 1890), la maison de Roche avait été cédée par la mère à sa fille Isabelle, moyennant un prix que, de toute évidence, Isabelle, sans revenus, ne pouvait débourser. Avec l'assentiment, non pas des grands héliotropes, mais d'un notaire d'Attigny... pour le moins complaisant. Car l'acte notarié est édifiant : madame Rimbaud mère indique simplement qu'elle a déjà reçu, au moment de l'acte, le règlement de la vente en espèces des mains de sa fille... Arthur Rimbaud avait indiqué à sa mère les années et mois précédents qu'il n'était pas intéressé par la ferme, et qu'il ne fallait pas compter, s'il y revenait, qu'il y restât. Madame Rimbaud mère avait donc pris ses dispositions en conséquence. Les mutations de cette maison familiale des Rimbaud-Cuif de Roches sont toutes très intéressantes. Par exemple, on dit que l'oncle aîné, Charles Félix, frère de Madame Rimbaud, revient à Roche en 1854 sans avoir donné signe de vie durant une dizaine d'années. C'est absolument impossible... Car quand son frère cadet achète la ferme quelques années plus tôt, il ne l'achète pas à son père, mais à son père, sa soeur et son frère en indivision : Charles Félix avait donc dû donner son accord, sinon la vente ne pouvait se faire. (En effet, la ferme avait été achetée par le grand-père à l'arrière-grand-père alors qu'il était déjà marié et signait Cuif-Fay ; la mère née Fay, grand-mère maternelle d'Arthur Rimbaud, détenait donc 50% de la ferme compte tenu du régime matrimonial retenu - communauté réduite aux acquêts - ; comme la grand-mère Fay était décédée des suites de l'accouchement de son deuxième fils (troisième enfant), chacun des 3 enfants était donc propriétaire, dès l'enfance, de la ferme pour 1/6e - puisqu'ils venaient à la succession de leur mère chacun pour un tiers -, dont le fils aîné Charles-Félix, la mère de Rimbaud, Vitalie, et le fils cadet). FD

Par ailleurs M. Delaunoy a retranscrit l'intégralité de l'acte notarié avec des commentaires précis :

Registre des transcriptions – 3R XXXX
[Vente de la maison de Roches, meubles et autres immeubles, par Vitalie CUIF à sa fille Isabelle RIMBAUD]

------------------------------------------------------------- N° 11 --------------------------------------------------------------
Du 29 septembre 1888 :
Par devant Maître Charlier notaire à Attigny, chef lieu de canton (Ardennes) soussignés assisté de Monsieur Louis Honoré Bruge Lemaître, vannier, Monsieur Eugène Héraux, marchand brasseur. Demeurant tous deux à Attigny. Témoins instrumentaires requis, aussi soussignés.
A comparu : Madame Marie Catherine Vitalie CUIF, propriétaire demeurant à Roches, commune de Chuffilly, veuve de Monsieur Frédéric Rimbaud. Laquelle a, par ces présentes, vendu sous toutes les garanties de fait et de droit,
A Mademoiselle Marie Frédérique Isabelle RIMBAUD, majeure, propriétaire, demeurant à Roches, commune de Chuffilly. A ce présente et acceptant.
Les immeubles dont suit la désignation.
Désignation.
1°) Une maison de culture, jardin et dépendances, situées au hameau de Roches, commune de Chuffilly, au lieudit la grande rue, consistant en un principal bâtiment, composé de cinq places au rez-de-chaussée, quatre places au premier étage, grenier au-dessus, cellier dessous. Petite bûcherie y attenant. Chartie [sans doute bâtiment destiné à remiser une charrette] avec colombier au-dessus, se trouvant au levant des bâtiments ci-dessus. Bergeries avec remise, à gauche de la cour. Ecuries à chevaux et à vaches, et grange au fond de la cour, bergeries, baraques à porcs, poulailler à droite de la cour. Cour au milieu des bâtiments. Dix neuf ares huit centiares de jardin, fermé au levant et au nord par des haies appartenant à ladite propriété. L’ensemble royé au levant Bressy-Berteaux, au couchant et au nord Driant, au midi la route, où la maison prend son entrée.
2°) 23 ares 1 centiare de jardin et chenevière, mêmes terroirs et lieudit, royés au levant un chemin, au couchant un gué, [bordant] du nord la route et du midi Driant.
3°) 16 ares 11 centiares de clos, mêmes terroirs et lieudit, royés au levant et au midi Monsieur de Granrut, au nord la route, du couchant une ruelle ; il existe dans ce jardin au nord une fontaine.
[4°)] 23 ares 77 centiares de clos, même terroir, aux Louvières, royés au nord et au levant, Monsieur de Granrut, au midi Haizeaux, au couchant Driant.
5°) 17 ares 26 centiares de clos, même terroir sis à Roches, royés au couchant Driant, au midi la route
Des autres aspects les propriétés ci-dessus.
Les meubles et objets mobiliers, désignés en un état que les parties en ont dressé sur une feuille de papier, au timbre de 60 centimes, et qui est demeuré ci-annexé, après avoir été par elles certifiés sincère et véritable, signé et paraphé par les témoins et notaire soussignés, lesquels meubles et effets mobiliers se trouvent actuellement dans la maison ci-dessus.
Propriété. Les immeubles ci-dessus désignés, appartiennent en propre à Madame Rimbau[l]d, à l’exception de ceux désignés sous les numéros 3 et 5, par suite de l’acquisition à titre de licitation, qu’elle en a faite de Monsieur Jean Nicolas CUIF-FAY, propriétaire, demeurant à Charleville, et de Monsieur Charles Auguste CUIF, ayant demeuré autrefois à Roches et alors sans résidence, ni domicile connus suivant procès-verbal d’adjudication, dressé par Maître Henrat et Maître Léger, notaires à Attigny, le 26 décembre 1855 enregistré. Cette acquisition a eu lieu moyennant 8 000 francs payés depuis. Lors de la liquidation dressée après le décès de son mari, par le notaire soussigné, assisté de témoins, le 14 juillet 1881, enregistré, la somme ci-dessus et les frais de cette acquisition ont fait compensation jusqu’à concurrence avec les reprises en nature, que Madame RIMBAUD avait à exercer contre la communauté ayant existé entre elle et son défunt mari.
Ces immeubles appartenaient pour un quart à Monsieur CUIF-FAY et pour le surplus, conjointement à Monsieur Charles CUIF et à Madame RIMBAUD, comme les ayant recueillis dans la succession de Monsieur Jean Charles Félix CUIF, leur fils et frère décédé propriétaire audit Roches, le 3 décembre 1855.
Ils appartenaient à Monsieur Félix CUIF par suite de l’acquisition qu’il en avait faite de Monsieur Charles CUIF, sus-nommé son frère, suivant acte reçu par Maître Henrat notaire à Attigny, prédécesseur [médiat] du notaire soussigné, assisté de témoins, le 4 mai 1854 enregistré. Cette acquisition eu lieu moyennant 12 000 francs payés. Les immeubles appartenaient à Monsieur Charles CUIF, pour un sixième comme les ayant recueillis dans la succession de Madame Marie Louise Félicité FAY, sa mère décédée à Roches, épouse de Monsieur Jean Nicolas CUIF, sus-nommé, dont il était héritier pour un tiers, et pour le surplus, par suite de l’acquisition à titre de licitation qu’il en avait faite à Monsieur CUIF-FAY son père, Madame RIMBAUD et Monsieur Félix CUIF, ses sœur et frère, suivant acte reçu par ledit Maître Henrat, le 22 juin 1851, enregistré. Ils dépendaient de la communauté de biens ayant existé entre Monsieur et Madame CUIF-FAY, par suite de l’acquisition qu’ils en avaient faite de Monsieur Jean CUIF, propriétaire et de Madame Marguerite JACQUEMART, son épouse demeurant ensemble à Roches, aux termes d’un acte reçu par Maître Grosyeux Flamanville, notaire à Attigny assisté de témoins, le 13 avril 1828, enregistré, moyennant un prix payé.
Le clos désigné sous le numéro 4 appartenait à Monsieur Charles CUIF, par suite de l’acquisition qu’il en avait faite de Monsieur CUIF-FAY, suivant acte reçu par ledit Maître Henrat le 22 juin 1851 enregistré moyennant 1 800 francs, payés comptant, aux termes du contrat qui en contient quittance. Il appartenait au vendeur comme l’ayant acquis de Monsieur Charles Alexis Fulgence Golzard, conservateur des hypothèques et de Madame Elisa Madeleine Monchoux, son épouse demeurant ensemble à Vouziers, suivant acte reçu par Maître Maillard, notaire à Attigny, assisté de témoins, le 28 décembre 1838, enregistré.
Le clos désigné sous le numéro 3 appartient à Madame RIMBAUD par suite de l’acquisition qu’elle en a faite de Monsieur Charles Auguste CUIF, sus-nommé, suivant acte reçu par Maître Henrat et Maître Léger notaires à Attigny, le 25 février 1855, enregistré.
Celui désigné sous le numéro 5 appartient à Madame RIMBAUD, comme l’ayant recueilli dans la succession de Monsieur CUIF-FAY, sus-nommé son père et comme faisant partie du lot qui lui a été attribué par un jugement de tirage au sort rendu par le tribunal civil de première instance de Charleville, en date du 19 novembre 1859. Il appartenait à Monsieur CUIF-FAY par suite de l’acquisition qu’il en avait faite de Monsieur Charles Auguste CUIF, aux termes d’un acte reçu par Maître Henrat et Maître Léger le 25 février 1855. Il provenait à Monsieur CUIF de l’acquisition qu’il en avait faite aux termes du contrat du 22 juin 1851 sus-énoncé.
Jouissance. L’acquéreur aura, à compter de ce jour, la pleine propriété et jouissance des immeubles et des effets mobiliers présentement vendus.
Charges et conditions. La présente vente est faite sous les charges et conditions suivantes, que l’acquéreur s’oblige à exécuter et accomplir, savoir : Elle prendra les immeubles et objets mobiliers, tels qu’ils se poursuivent et comportent, sans en rien excepter né réserver, et dans l’état où ils se trouvent actuellement, les immeubles sans pouvoir prétendre à aucune indemnité ni diminution du prix ci-après fixé pour erreur ou insuffisance dans la désignation, mitoyenneté ou non mitoyenneté vice de construction et sans garantie des contenances sus-indiquées, la différence en plus ou en moins, fût-elle-même d’un vingtième ou au-delà, devant tourner au profit ou à la perte de l’acquéreur. Elle jouira des servitudes actives, et souffrira celles passives s’il en existe, el tout à ses risques et périls, sans recours contre la venderesse, et sans que la présente clause puisse donner aux tiers plus de droit, qu’iles n’en auraient en vertu de titres réguliers, ou des dispositions de la loi, comme aussi sans que la présente clause puisse nuire ni préjudicier aux droits résultant de la loi du 23 mars 1855. Elle paiera les impôts et contributions de tout nature auxquels les immeubles sont et pourront être assujettis. Elle devra continuer l’assurance des bâtiments ou prendre avec la compagnie tel arrangement nécessaire, de manière que la venderesse ne soit nullement inquiétée ni recherchée à ce sujet. Enfin elle paiera les frais, droits et honoraires auxquels les présentes donneront ouvertures.
Prix. En outre, la présente vente est faite moyennant le prix principal de 8 000 francs pour les immeubles et de 2 000 francs pour les objets mobiliers. Laquelle somme Madame Veuve Rimbaud reconnaît avoir reçu dès avant ce jour de Mademoiselle RIMBAUD en bonnes espèces de monnaie comptés et délivrées à sa satisfaction et par suite elle lui en accorde bonne et valable quittance pour solde. Dont quittance pour solde.
Etat civil. Madame RIMBAUD déclare : qu’elle est veuve en premières noces et non remariée de Monsieur Frédéric RIMBAUD sus-nommé. Qu’elle a été tutrice naturelle et légale de Mademoiselle RIMBAUD sa fille, mais qu’elle ne lui doit rien de la succession de son père.
Domicile. Pour l’exécution des présentes, les parties élisent domicile en leur demeure sus-indiquée.
Dont Acte fait et passé à Roches, commune de Chuffilly, en la demeure de Madame RIMBAUD. L’an 1888, le 20 septembre.
Après lecture faite aux parties, tant des présentes que des articles douze et treize de la loi du 23 août 1871, elles ont signé avec les témoins et le notaire. Ensuite est écrit : Enregistré à Attigny, le 26 septembre 1888. Folio 133, verso case 5. Reçu : vente à 5,50%, 440 francs [immeubles]. A 2%, 40 francs [meubles]. Décime : 120 francs [1,50%]. Signé : Pileyre.
Pour Première Expédition. Signé Charlier.
Le conservateur.

Je remercie vivement M. Franck Delaunoy pour sa remarquable contribution à notre blog.
Jacques Bienvenu

jeudi 7 juillet 2022

Rencontre avec les nièces d'Arthur Rimbaud

 

Archives de l'INA 1954

Les archives de l'INA présentent un document intéressant qui date de 1954 : une rencontre avec les nièces de Rimbaud.

Madame TESSIER et madame LECOURT, toutes deux nièces d'Arthur Rimbaud, racontent leur enfance et leur adolescence au couvent où elles ignoraient tout des écrits de leur oncle. Elles parlent de la méchanceté de leur grand mère qu'elles n'ont pratiquement jamais vue sauf pour être conduites au couvent, puis expliquent peu connaître l'oeuvre de leur oncle et réagissent à la lecture d'un extrait du Bateau ivre.

lundi 20 juin 2022

Un tableau de Rimbaud par Fernand Léger à vendre

 

Vente aux enchères le jeudi 7 juillet à Conan Belleville Hôtel d’Ainay


Fernand LEGER (1881-1955). Rimbaud, 1948. Encre et gouache sur papier vélin. Signé, daté en bas à droite. Titré en bas au milieu. Au dos : inscription manuscrite datée 1949 certifiant l'oeuvre par Louis Grosclaude, éditeur accompagnée du cachet humide de celui-ci. 42,5 x 34,5 cm. Déchirures sur la partie gauche (restaurations anciennes). 

Tableaux modernes et contemporains (de 1870 à nos jours) 

Estimation : 8000-12000 €

lundi 9 mai 2022

À propos de L'homme à la grammaire espagnole par Émile Van Balberghe


Le 22 avril une grammaire espagnole ayant appartenu à Rimbaud a été retirée de la vente organisée par la maison Damien Voglaire à Bruxelles. Cette Grammaire comportait, sur une page contenant le faux titre, la signature de Rimbaud et une adresse manuscrite.C’est une grammaire Sobrino. Andréa Schellino a montré  au colloque Les Saisons de Rimbaud que c’était celle que Rimbaud a utilisée. Bien que cette vente ait été signalée sur auction.fr, il est étonnant que la presse si attentive aux inédits de Rimbaud n’en ait pas parlé. Le fait que cette pièce ait été considérée comme un faux est passé inaperçu. Selon le directeur de la vente que nous avons contacté, les experts n’étaient pas d’accord sur l’authenticité de la grammaire. Nous avons appris aussi qu’elle a été achetée après la vente en toute connaissance de cause. Peut-être retrouvera-t-on cette grammaire dans une prochaine vente ? En tout cas elle appartient maintenant à la liste déjà longue des faux Rimbaud. 


Nous publions ci-dessous un article de M. Émile Van Balberghe qui a expertisé cette grammaire et qui en avait rédigé une notice avant qu’elle soit retirée de la vente.


À  PROPOS DE L’HOMME À LA GRAMMAIRE ESPAGNOLE


Il était une fois un jeune chercheur qui dépouillait des manuscrits médiévaux à la Bibliothèque municipale de Troyes il y a une cinquantaine d’années, lorsqu’entra dans la salle de lecture, un des professeurs les plus renommés en paléographie. M’apercevant, il vint très gentiment me saluer et voyant le manuscrit que j’étudiais, le regarda quelques secondes et murmura : « Quel beau manuscrit, 9e-10e s. ? » Je lui répondis sur un ton légèrement prétentieux : « 12e parce qu’il y a des canons du concile Machin qui s’est tenu au 12e siècle ». Je n’ai jamais oublié cette scène, plutôt honteux d’avoir répondu du tac au tac pour montrer ma supériorité.

Aujourd’hui ayant bien retenu la leçon, c’est-à-dire, étudier les éléments qui entourent un document pour voir s’il s’inscrit bien dans l’histoire, j’ai expertisé la grammaire espagnole de Rimbaud. Je suis satisfait de ma notice. Mais la pièce proposée n’a pas de pedigree. C’est la lettre tombée du ciel. Je suis toujours aussi prétentieux mais pas au point de croire que je suis le seul à connaître bien Rimbaud. Aussi, très sagement, le livre a été retiré de la vente. Voici la notice. Elle fait un peu songer à un article du poètereau bas-normand Charles-Florentin Loriot qui écrivit sur une chapelle qui n’avait jamais existé.


RIMBAUD.- La grammaire espagnole ayant appartenu à Arthur Rimbaud : 

Don Francisco MARTINEZ. Le Nouveau Sobrino ou Grammaire de la langue espagnole réduite à XXXIII leçons. Vingt et unième édition entièrement revue et corrigée. Paris, Morizot, Libraire-Éditeur, 1863, f. de faux titre, f. de titre, 332 p., pleine basane brune de l’époque, plats encadrés d’un filet noir, dos à nerfs plats, pièce de titre (reliure usée avec petits manques). Au-dessus du faux titre, signature autographe d’Arthur Rimbaud et plus bas la mention autographe de l’adresse : « 30 Argyle Square, Euston Rd  W.C. » Au verso du feuillet de garde, un itinéraire (?) tracé par Rimbaud (?) avec deux mots ou noms que nous n’arrivons pas à déchiffrer.




L'ADRESSE


En mars 1874 Arthur Rimbaud réside à Londres depuis au moins quelques semaines. C’est son quatrième séjour dans la capitale anglaise. Il est accompagné cette fois non de Paul Verlaine incarcéré à Mons où il purge sa peine de prison pour avoir au cours d’une dispute à Bruxelles tiré des coups de revolver et blessé son ami, mais d’un autre poète, Germain Nouveau (1851-1920). Celui-ci est à peine plus âgé, et les deux hommes, qui se sont rencontrés peu de temps auparavant, semblent être partis pour la capitale britannique de manière précipitée. 

Une lettre de Germain Nouveau à Jean Richepin apporte quelques précisions sur leur point de chute. La lettre date du 26 mars et précise leur lieu d’hébergement : « Nous avons loué une room dans Stamford Street » (178, Stamford Street, Waterloo Road, SE.1, une rue de Lambeth et Southwark, à deux pas de la gare de Waterloo, juste au sud de la Tamise). 

C’est cette adresse que les deux hommes inscrivent le 4 avril au registre de la grande bibliothèque du British Museum, maintenant dénommée British Library. Mais quinze jours après, une lettre de Rimbaud au Communard Jules Andrieu (1838-1884), datée du 16 avril 1874, donne comme adresse celle qui figure dans la grammaire espagnole : « 30 Argyle Square, Euston Rd. W.C. » (Thomas).



Pas même 15 jours plus tard la même adresse est reprise dans trois petites annonces publiées dans The Echo des 29, 30 avril et 1er mai et signées du nom d’un certain « Tavant » pour la première, « Tavant. Nouveau » pour la deuxième et « Le licencié Silvy » pour la troisième, Silvy, du nom de jeune fille de la mère de Nouveau. Ces petites annonces proposent les services de ces messieurs pour apprendre langues et littératures. On ne sait qui est Tavant ou derrière qui se cache un Tavant. Rimbaud peut-être ? Pourquoi pas ? Nous avons alors trois annonces, la première signée Tavant, soit Rimbaud, la deuxième « Tavant. Nouveau », soit Rimbaud et Nouveau, la troisième Silvy, soit Nouveau. Le couple a donc sa propre annonce dont l’intitulé commence d’ailleurs par « Parisians (two) ».

un cavaliere francese, dize conversar con un cavaliere espanol – o englese – el qual, hablaria francese. – Tavant, 30 Argyle-sq. Euston-rd. W.C. n481                                                                                                   

parisians (two) ; one of them speaks passablement, require conversation with English gentlemen. – Tavant. Nouveau, 30 Argyle-sq.Euston-rd. W.C.n482                                                                                                              

Littérature française, ancienne, classique, contemporaine ; Littérature provençale ; half-a-crown. – « Le licencié Silvy », littérateur parisien, 30 Argyle-sq., Euston rd.n483                                                                                               

L’adresse d’Euston Road est celle qui est inscrite dans la grammaire espagnole, par conséquent soit Rimbaud l’avait déjà en France, l’a prise avec lui à Londres, et, arrivé dans la capitale anglaise, il a mis une adresse stable dans le livre – enfin, supposée stable –, peut-être celle d’une officine servant de dépôt pour des petites annonces dans divers journaux ou de poste restante, peut-être celle d’un logement. Soit Rimbaud a acheté la grammaire à Londres au début de son séjour. Contrairement à la signature et à l’adresse de la lettre à Andrieu, on a l’impression que sur le livre, signature et adresse n’ont pas été retranscrites en même temps. Mais le papier est médiocre et la pression d’une signature n’est pas toujours la même que celle d’une adresse qu’on retranscrit.

Les 9, 10 avril et 11 juin, nouvelle petite annonce dans The Echo, cette fois par Rimbaud seul, en partie identique à celle que nous attribuons au couple Rimbaud-Nouveau, dans les petites annonces précédentes. Avec une autre adresse : 40 London Street. Si Euston Sreet n’est pas une officine – pourquoi en effet donner une autre adresse ? – ce serait donc un lieu de logement comme maintenant London Street. On peut émettre l’hypothèse que Rimbaud a acheté cette grammaire à Londres un peu avant son séjour Euston Sreet, qu’il y a mis sa signature et puis l’adresse de son logement.

Ainsi selon la biographie monumentale du regretté Jean-Jacques Lefrère, on ne connaissait comme autographe de Rimbaud pour la période qui nous occupe que son inscription à la British Library le 4 avril. On peut ajouter aujourd’hui la lettre à Andrieu du 16 avril et la mention de propriété dans la grammaire espagnole.


Rimbaud on le sait est atteint par la philomathie qui se fixe chez lui par le désir d’apprendre les langues : les langues européennes et l’arabe, les langues des pays d’Afrique et d’Asie qu’il a parcourus.

Andrea Schellino décrit exactement les traces qui subsistent des exercices que Rimbaud a pratiqués pour l’étude de la langue espagnole : « Trois feuillets, tirés probablement d’un carnet de poche, nous sont […] parvenus, comportant des listes de mots et de règles grammaticales en espagnol. Un feuillet est conservé au fonds Casals de la BnF, deux autres sont aujourd’hui dans des collections privées. Ces pages contiennent des tableaux de conjugaisons et de formes verbales ; un petit résumé de grammaire en français sur les articles, les adjectifs, les pronoms possessifs et le pluriel des noms ; un vade-mecum rédigé en français, de phonétique castillane ; et une liste de locutions et de mots espagnols, avec les traductions en français. À la différence des listes en anglais, ces notes n’ont pu être prises que par un débutant. » (Schellino, 50-1).

L’examen de ces reliques autorise Andrea Schellino à conclure que la grammaire espagnole utilisée par Rimbaud est la grammaire de Sobrino, dont il cite l’édition originale : « ce manuel a été réédité tout au long des xviiie et xixe  siècles, sans que les particularités phonétiques et grammaticales de la première édition soient corrigées » (Schellino, 53). 

Reste à savoir quand Rimbaud a utilisé cette grammaire. Si Rimbaud l’a acquise lors de son quatrième séjour à Londres et y a mis une des adresses de ce séjour, il l’utilise évidemment en 1874 et après. Dans une lettre à Verlaine de la fin de juillet 1875, Ernest Delahaye annonce l’intention du poète de s’engager chez les Carlistes, « histoire d’aller apprendre l’espagnol » (Verlaine, Correspondance, 413) et dans une lettre, vraisemblablement de la fin août de la même année (idem, 425), il appelle Rimbaud « l’homme à la grammaire espagnole »...


bibliographie

– Jean-Jacques Lefrère, Arthur Rimbaud. Paris, Fayard, 2001.

– Jean-Jacques Lefrère, Rimbaud le disparu. Paris, Buchet-Chastel, 2004. 

– Frédéric Thomas, « Découverte d’une lettre de Rimbaud », dans

https://sites.dartmouth.edu/paradesauvage/decouverte-dune-lettre-de-rimbaud-frederic-thomas

– Jean-Jacques Lefrère, Steve Murphy et Robert Alloust, « L’Homme à la grammaire espagnole », dans Histoires littéraires, n° 22, avril-mai-juin 2005, pp. 52-63.

–  Verlaine, Correspondance générale. T. 1 : 1857-1885. Établie et annotée par Michael Pakenham. Paris, Fayard, 2005.

– Andrea Schellino, « Rimbaud lexicomane », dans Les Saisons de Rimbaud, dir. Olivier Bivort, André Guyaux, Michel Murat et Yoshikazu Nakaji. Paris, Hermann Éditeurs, 2021, pp. 43-58.

Émile Van Balberghe